Hérault: Grièvement brûlé en intervention, un sapeur-pompier veut participer aux Jeux paralympiques de 2024

DEFI Grièvement blessé à Gabian, en 2016, le jeune homme rêve de Paris 2024

Nicolas Bonzom

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Lucas vise les Jeux paralympiques de 2024.
Lucas vise les Jeux paralympiques de 2024. — Tous avec Lucas
  • Lucas a été grièvement brûlé le 10 août 2016, lors d’un incendie à Gabian.
  • Le sapeur-pompier, aujourd’hui âgé de 23 ans, rêve de participer aux Jeux de 2024.
  • Il a lancé une cagnotte, pour l’aider à acquérir des équipements.

La vie de Lucas a basculé le 10 août 2016. Ce jour-là, un virulent incendie ravage la garrigue de Gabian, dans l’Hérault. Quatre pompiers se retrouvent pris au piège des flammes. L’un d’eux, Jérémy, mourra des suites de ses blessures, le 21 septembre. Lucas, comme deux autres de ses camarades, s’en tireront, grièvement blessés.

Amputé de dix doigts et brûlé sur 40 % du corps, Lucas s’est lancé un défi : passionné de cyclisme depuis toujours, il vise les Jeux paralympiques de 2024, qui se dérouleront à Paris. « Avant l’accident, je pratiquais déjà le vélo, confie cet étudiant en troisième année à la faculté de droit de Montpellier. Je voulais continuer, on m’a ri au nez en me disant que c’était trop compliqué. Mais un an et demi après, j’étais déjà remonté sur mon vélo. Aujourd’hui, je suis capable de faire 80 ou 100 kilomètres, sans aucun problème. »

« La vie est ainsi, il faut vivre avec son temps »

Lucas, qui concilie comme il le peut entraînements et études, a monté une association, Tous avec Lucas, et ouvert une cagnotte sur Leetchi, pour financer sa préparation, les réparations de sa bicyclette et les équipements adaptés. Avec plus de 240 contributeurs et 4.600 euros déjà collectés ce mardi, son appel aux dons est un succès.

Le vélo de route de ce fou de la petite reine dispose d’un équipement adapté, notamment sur les freins, qui sont placés de telle façon qu’il peut freiner avec ses poignets. « Nous travaillons actuellement sur un équipement qui me permettrait de caler mes poignets sur le guidon, reprend le cycliste. Car sur la route, particulièrement quand elle est défoncée, mon premier défi, c’est de tenir le guidon. Sans doigts, ce n’est pas facile. »

Gabian, les flammes, ses mois de rééducation, Lucas préfère ne pas trop y penser. « J’essaie de ne plus trop penser au passé, confie-t-il. La vie est ainsi, il faut vivre avec son temps, s’adapter. Encore heureux qu’il y a beaucoup de possibilités aujourd’hui pour m’aider, dans mon quotidien. J’ai un robot pour faire la cuisine, j’ai une serrure électronique pour ouvrir la porte… Mais c’est très cher. » Sa plus grande fierté, c’est quand on lui écrit, pour lui demander des conseils, sur comment s’en sortir, sur comment trouver sa force. « Je suis ravi d’aider, reprend le jeune homme. Si à travers mon histoire, je peux faire que l’on parle plus du handicap et du handisport, alors je suis heureux. »

La cagnotte Leetchi.

La page Facebook Tous avec Lucas.