Montpellier: Un pont «capital» pour relier le centre-ville à la nouvelle gare TGV

TRANSPORTS L’extension de la ligne 1 de tramway à Montpellier coûtera 40 millions d’euros, dont 14,7 millions pour le pont Karl-Marx qui enjambera l’A709 en août 2022

Jerome Diesnis

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La gare Sud de France, à Montpellier.
La gare Sud de France, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le pont Karl-Marx, d’une largeur de 35,63 m, sera composé de deux voies de tramway, quatre voies pour les voitures, une piste cyclable et un trottoir.
  • Le tramway desservira la nouvelle gare Sud de France en août 2022. L’extension de la ligne 1 (d’une longueur de 1,3 km), au-delà de son terminus actuel d’Odysseum, va se chiffrer à 40 millions d’euros.
  • Pourquoi Karl Marx ? « Le Manifeste du parti communiste est un texte fondateur pour l’humanité, comme la Bible, L’Eloge de la folie d’Erasme, le Discours de la servitude volontaire de La Boétie et Le Prince de Machiavel », justifie le maire de Montpellier Philippe Saurel.

Le tramway desservira la nouvelle gare Sud de France en août 2022. L’extension de la ligne 1 (d’une longueur de 1,3 km), au-delà de son terminus actuel d’Odysseum, va se chiffrer à 40 millions d’euros. Elle sera financée par l’Etat (3,5 millions), la région Occitanie (4 millions) et surtout la métropole de Montpellier (32,5 millions). Le montant est bien plus élevé que l’habituel rapport au kilomètre pour une ligne de tramway (25 millions).

« La construction du pont qui va enjamber l’autoroute A709 vient en renchérir le coût global », explique Philippe Saurel, président (DVG) de la métropole. L’ouvrage coûtera à lui seul 14,7 millions d’euros. Ce pont, baptisé Karl-Marx – « dont Le Manifeste du parti communiste est un texte fondateur pour l’humanité, comme la Bible, L’Eloge de la folie d’Erasme, le Discours de la servitude volontaire de La Boétie et Le Prince de Machiavel », justifie Philippe Saurel –, est indispensable pour relier le centre de Montpellier à la nouvelle gare. Vingt-quatre TGV s’y arrêteront à partir du 15 décembre. La nouvelle gare TGV se trouvera à un peu pus de vingt minutes du centre, contre plus du double à ce jour.

Un ouvrage « revu et corrigé »

Les travaux vont débuter en juin 2020. L’actuelle passerelle, empruntée par les navettes de la Tam mises en place en juillet pour affréter les passagers vers le tramway, sera détruite fin 2021. « L’ouvrage tel qu’il a été prévu au départ n’était pas adapté, note Philippe Saurel. Nous l’avons revu et corrigé en fonction du quartier Cambacérès, qui s’ouvre et des grands équipements installés à l’horizon 2022-2023, notamment le stade de foot et la salle de sport. Car on ne fait pas une ligne à 40 millions d’euros pour un seul équipement. » Une réponse à la polémique sur l’absence d’anticipation de l’extension du tramway jusqu’à cette nouvelle gare.

Quarante millions d’euros, c’est le même montant que celui voté le 30 octobre 2012 pour l’extension de la ligne 1 par le conseil d’agglomération, alors présidé par Jean-Pierre Moure (PS). A l’époque, la mise en circulation était prévue dès 2017, en même temps que la gare.

« Aucune conséquence pour les utilisateurs de l’A709 »

Le pont Karl-Marx, d’une largeur de 35,63 m, sera composé de deux voies de tramway, quatre voies pour les voitures, une piste cyclable et un trottoir. Il se situera au même emplacement que l’actuelle passerelle. Selon Salvador Nunez, maître d’ouvrage pour Vinci autoroutes, « ces travaux n’auront aucune conséquence pour les utilisateurs de l’A709 ».

L’idée de la création d’un échangeur est également à l’étude, mais pas avant une dizaine d’années. « A terme, ce sera vital, estime Philippe Saurel. Avec de telles infrastructures dans le quartier à horizon de dix ou quinze ans, nous pourrons l'envisager, même si on est déjà en discussion avec ASF. » Pour Salvador Nunez, « c’est envisageable. Mais pour l’instant, aucune programmation n’a été faite. »

Philippe Saurel a hérité de cette gare – réclamée depuis des années par Georges Frêche, dont le principe avait été adopté par Jean-Pierre Moure – en prenant ses fonctions à la mairie en 2014. Jugée inutile par ses opposants, elle allonge considérablement le temps de trajet vers le centre de Montpellier. Alors qu’elle était censée le diminuer.