Loto du patrimoine: Abandonné depuis des années, le fort de Brescou a droit à un lifting géant

PATRIMOINE Le fort est l’un des monuments qui bénéficiera du soutien du Loto du patrimoine de Stéphane Bern

Nicolas Bonzom

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Le fort de Brescou, au large du Cap d'Agde
Le fort de Brescou, au large du Cap d'Agde — Service communication Ville d'Agde
  • Abandonné depuis des années et en péril, le fort de Brescou porte pourtant le souvenir de 400 ans d’histoire.
  • Sa rénovation, entamée lundi par la commune d’Agde, bénéficiera des fonds récoltés par le Loto du patrimoine, incarné par Stéphane Bern.
  • Une fois les travaux achevés, les curieux pourront enfin (re)découvrir ce bijou oublié du patrimoine héraultais.

Ce fort-là n’a pas eu les honneurs d’un jeu télévisé estival, et n’accueille plus de visiteurs depuis des années. Au large du Cap d'Agde, dans l’Hérault, le fort de Brescou n’est plus l’imprenable bastion qu’il fut il y a des siècles. L’inespérée rénovation, entamée lundi par la commune d’Agde, a pour objectif de lui redonner un peu de sa splendeur d’antan.

Cerise sur le gâteau, ce bijou, érigé en 1586 sur la partie immergée d’un ancien volcan, figure parmi les monuments qui bénéficieront des fonds récoltés par le Loto du patrimoine, incarné par Stéphane Bern. Un coup de pouce qui n’a rien d’un luxe, tant la réhabilitation totale du phare sera coûteuse, entre 10 et 15 millions d’euros, et longue de plusieurs années. Le sel, le sable et l’assaut des vagues ont eu raison du fort de Brescou, rongé par l’érosion pendant toutes ces années d’abandon.

400 ans d’Histoire

« 400 ans sans le moindre entretien, ça pèse, confie à 20 Minutes Jean-Louis Guggisberg, le président de l’association les Amis du fort de Brescou, qui se bat depuis 2012 pour offrir une nouvelle vie au monument. Une partie des remparts a commencé à s’effondrer, les crépis sont arrachés, certains joints n’existent plus. »

Le lieu porte pourtant le souvenir de plus de quatre siècles. Seule île bâtie d’Occitanie, le fort a accueilli longtemps toutes sortes de locataires. Il fut d’abord un « repaire de brigands », raconte Jean-Louis Guggisberg, abritant des pirates, mais aussi des corsaires, avant de devenir, dès 1680, une prison d’Etat, comme la Bastille à Paris, ou le château d’If à Marseille. Certains détenus s’en échappaient, à la nage.

Interdit au public

En 1855, le ministère de l’Intérieur s’est débarrassé du site. « L’insuffisance et l’insalubrité des locaux du fort, la difficulté du transport de vivres, et la dépense qu’entraîne ce transport, m’ont déterminé à renoncer à l’occupation du fort », écrivait alors le ministre au préfet, dans une lettre dénichée par les Amis de Brescou. Le fort fut repris par l’armée, et abandonné, avant de périr à petit feu à 2 km des côtes agathoises. Depuis une quinzaine d’années, trop périlleux, il n’est même plus accessible au public.

« Deux des bastions sont très abîmés, et quand la détérioration a commencé, elle ne fait que s’accélérer », confie René Brun, le délégué régionald'Occitanie Méditerranée de la Fondation du patrimoine, qui a attribué en novembre dernier le premier prix du mécénat populaire à la commune d’Agde. Elle s’est lancé le défi d’arracher le fort de Brescou aux méfaits du temps et de la houle. « La première phase, pendant un an et demi environ, doit permettre de stopper la détérioration du site, avant une mise en conformité, afin de faire en sorte que l’on puisse y accueillir du public. »

Cette première phase de travaux devrait durer huit mois, « sauf si les aléas de la météo s’en mêlent », note Hélène Caumil, ingénieure chargée de la restauration du fort à la ville d’Agde. Coût de l’opération : 620.000 euros, financés par la commune, l’Etat et peut-être la région, qui est en train de plancher sur son coup de pouce. Une fois les travaux achevés, les curieux pourront enfin (re) découvrir ce bijou oublié du patrimoine héraultais.