Montpellier, Béziers, Nîmes... Les trois aéroports peuvent-ils coexister ?

TRANSPORTS Les représentants de l’aéroport de Montpellier se disent préoccupés de la concurrence frontale avec ses homologues nîmois et biterrois

Nicolas Bonzom

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Un avion de la compagnie Volotea, à Montpellier.
Un avion de la compagnie Volotea, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Béziers, Montpellier et Nîmes. Entre l’Hérault et le Gard, trois aéroports se partagent le territoire, sur un peu plus de 120 km. Pas facile, dans une telle configuration, de tirer son épingle du jeu face aux immenses plates-formes que sont Toulouse et Marseille.

Cette situation préoccupe Pierre Vieu, le président du conseil de surveillance de l’aéroport Montpellier-Méditerranée. « Nous ne sommes pas dans une relation de complémentarité, confie-t-il. La proximité des trois aéroports entraîne une concurrence directe. » Dernièrement, Ryan Air a quitté Montpellier, emportant dans ses bagages sa liaison vers Bruxelles-Charleroi… qui ouvre à Béziers. La compagnie low-cost a également ouvert à Nîmes des vols vers Marrakech… qui existent déjà à Montpellier. Mais l'aéroport de Montpellier a déjà lancé des destinations internationales déjà présentes à Béziers-Cap d'Agde : Londres, Dusseldorf, Stockholm et Bristol...

« Aucun aéroport ne décide de quoi que ce soit »

« Nous avons du mal à croire qu’il puisse y avoir une quelconque complémentarité, reprend Emmanuel Brehmer, le président de Montpellier-Méditerranée. Aucun aéroport ne décide quoi que ce soit, ce sont les compagnies qui imposent leur feuille de route. »

A Nîmes, Jérôme Arnaud, le directeur général d’Edeis, qui a la charge pour l’agglomération de l’aéroport Nîmes-Alès-Camargue-Cévennes, assure qu’il n’y a pas de concurrence avec Montpellier. « Nous nous inscrivons dans une réelle complémentarité, indique-t-il. Nous travaillons en ce sens avec Yvan Lachaud [président de l’agglomération, Nouveau Centre]. Et puis le véritable enjeu à l’aéroport de Nîmes, c’est l’aéro-industriel. Nous continuons à nous développer dans ce domaine. Quant à Marrakech, cela représente quelque 20.000 passagers. Ce n’est pas grand-chose par rapport aux presque deux millions de passagers de l’aéroport de Montpellier. »

Un conseil de développement régional

L'aéroport de Béziers n'a pas souhaité réagir publiquement à cette problématique. Si Nîmes a fait de l'aéroindustriel son dada, l'infrastructure biterroise est essentiellement un aéroport d'arrivée : 76 % du trafic y est entrant. Peu de points communs, donc, avec Fréjorgues, qui se démène depuis plusieurs années pour proposer des destinations prestigieuses aux habitants du coin.

Avec pas moins de dix aéroports sur son territoire, la région Occitanie a peut-être son mot à dire dans ce débat. La collectivité, qui prône la complémentarité entre les infrastructures, a mis en place en 2017 un conseil de développement aéroportuaire pour ouvrir le dialogue entre les différents sites. « La région souhaite apporter de la connexion entre les plateformes, la mise en cohérence des stratégies individuelles », affirmait alors Didier Codorniou (Radicaux de gauche), vice-président de la région en charge des aéroports. Reste à savoir si le dispositif portera ses fruits.