«Gilets jaunes» à Montpellier: 130 agents de sécurité déployés samedi pour protéger les commerces des casseurs

MANIFESTATION C'est la Chambre de commerce et d'industrie qui a mis en place ce dispositif

Nicolas Bonzom

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Un homme fait ses courses, dans le centre-ville de Montpellier
Un homme fait ses courses, dans le centre-ville de Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La CCI a annoncé le déploiement de 130 agents de sécurité devant les magasins, samedi, de 12h30 à 19h30.
  • Coût de l’opération pour la CCI : plus de 20.000 euros.
  • Selon la CCI, les commerçants de l’Ecusson connaissent une baisse de 40 à 50 % de leur chiffre d’affaires le samedi.

Depuis plusieurs semaines, l’Ecusson est le théâtre d’affrontements en marge du mouvement des « gilets jaunes ». Des vitrines sont cassées, des boutiques baissent leurs rideaux de fer. La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de l’Hérault, qui ne cesse depuis plusieurs semaines de tirer la sonnette d’alarme sur le sort des commerçants du centre-ville de Montpellier, a pris une étonnante décision : le déploiement de 130 agents de sécurité devant les magasins, samedi, de 12h30 à 19h30.

Soit un agent de sécurité pour quatre à cinq commerces. Coût de l’opération pour la CCI : plus de 20.000 euros. « L’objectif est d’apaiser les commerçants et les salariés qui viennent travailler avec la boule au ventre le samedi, d’assurer une présence sécurisante sur le pas de la porte pour faciliter l’accès des clients aux commerces, indique André Deljarry, le président de la CCI de l’Hérault. Mais en aucun cas nous ne nous substituons aux forces de l’ordre. Nous sommes dans un état d’urgence économique et commercial à Montpellier. Nous assistons à une lente asphyxie du centre-ville. »

Une baisse de 40 à 50 % du chiffre d’affaires le samedi

Selon la CCI, les chiffres sont particulièrement alarmants : les commerçants de l’Ecusson connaissent une baisse de 40 à 50 % de leur chiffre d’affaires le samedi, plus de 2.000 salariés ont connu des périodes de chômage partiel dans l’Hérault et plus de 200 dossiers de graves problèmes de trésorerie ont été déposés à la CCI. « Énormément de commerçants ne sont pas bien du tout, note une commerçante dans la Grand-Rue Jean-Moulin. Nous souhaitons des décisions fortes, comme celle-ci. »

Il n’est pas impossible que l’opération soit renouvelée. André Deljarry indique qu’il fera une réunion à l’issue de la journée pour évaluer la reconduction éventuelle du dispositif.