«Gilets jaunes» à Montpellier: Un militaire blessé en marge d'une manifestation

MONTPELLIER Selon un « street medic » qui l’a pris en charge, le projectile reçu venait d’un lanceur de balle de défense…

20 Minutes avec AFP

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Un «street medic» lors d'une manifestation de «gilets jaunes».
Un «street medic» lors d'une manifestation de «gilets jaunes». — Valery HACHE / AFP

Un militaire en permission a été blessé à la tête samedi à Montpellier en marge d’une manifestation de « gilets jaunes » par un projectile qui, selon plusieurs témoins, viendrait d’un lanceur de balle de défense (LBD40). La police n’avait pas confirmé dimanche soir la nature du projectile ni avoir ouvert une enquête.

Samedi soir, le militaire en permission et accompagné de trois camarades est passé dans une rue au moment où des échauffourées éclataient entre casseurs et forces de l’ordre, en fin d’une manifestation « Nuit jaune » organisée par les « gilets jaunes ».

Peu après 23h, les forces de l’ordre sont intervenues rue de la Loge, artère principale de la ville, afin de maîtriser des individus. Des casseurs ont été vus en train de jeter des bouteilles et des pavés en direction des forces de l’ordre, selon plusieurs témoignages.

 

« Aucun doute sur la nature du projectile »

Trois « street medics », des volontaires apportant les premiers soins, ont assisté à la scène. « Des bouteilles ont été jetées par deux casseurs en direction des forces de l’ordre. Dans la foulée, j’ai entendu trois tirs de LBD40. J’ai vu les casseurs partir en courant à l’opposé. Je me suis abrité le long d’un mur lorsque, en face, de l’autre côté de la place, j’ai aperçu un homme s’allonger sur un trottoir. J’ai crié "street medic"… Nous nous sommes avancés vers le blessé », a raconté l’un d’eux, Guillaume, à l’AFP.

Il est « street medic » depuis un mois et assure reconnaître les différents projectiles utilisés par les casseurs ou par les forces de l’ordre. « Je n’ai aucun doute sur la nature du projectile », une balle de LBD40, a-t-il dit. À leur arrivée auprès du blessé, l’homme, âgé de 21 ans, saignait fortement au niveau de l’œil, à hauteur de l’os malaire. « Il était conscient mais faible. Il demandait s’il avait perdu son œil. Les pompiers l’ont ensuite pris en charge », a raconté le « street medic ».

« Il aurait pu perdre son œil »

Jonas, l’un des amis de la victime, a rapporté à l’AFP : « J’ai vu le projectile frapper le visage de mon ami pendant que je lui parlais. Le choc a été très violent. » Admis au CHU de Montpellier, la victime a de multiples fractures sur l’os malaire. Sa situation médicale est stable. Selon son ami, il sera opéré demain. « Je pense que nous allons porter plainte car le choc était trop violent. Il aurait pu perdre son œil », a-t-il ajouté.

De son côté, la police a assuré que, si l’usage de LBD40 était confirmé, tous les éléments de l’intervention seront collectés. Elle a précisé que chaque lanceur de LBD40 était équipé ce soir-là d’une caméra. Chaque tir est également reporté dans un rapport au retour de la mission.