Montpellier: On a épluché l'évolution des effectifs d'enseignants dans l'académie

EDUCATION Mathieu Marchal, l'un des représentants de la fédération FO de l'enseignement, donne son avis sur les dernières annonces du rectorat...

Nicolas Bonzom

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Illustration d'une école primaire.
Illustration d'une école primaire. — C. Allain / 20 Minutes
  • Lundi, l’académie de Montpellier s’est félicitée de faire partie des « 13 académies qui présentent pour la rentrée 2019 un schéma d’emploi positif ».
  • Dans le premier degré, 49 emplois d’enseignants vont être créés à la rentrée.
  • Dans le second degré, si au collège, les effectifs d’enseignants vont augmenter, au lycée, l’académie annonce des suppressions. Mathieu Marchal, représentant de la fédération FO de l’enseignement, donne son avis sur ces annonces.

L’académie de Montpellier s’est félicitée lundi, à l’issue de son Comité technique académique (CTA), de faire partie des « 13 académies qui présentent pour la rentrée 2019 un schéma d’emploi positif ». Ainsi, selon le rectorat, « les moyens d’enseignement dans le premier comme dans le second degré sont en progression et permettent de maintenir un taux d’encadrement équivalent à 2018 ». 20 Minutes a épluché ces chiffres avec Mathieu Marchal, un représentant de la fédération FO de l’enseignement.

Et d’abord, à l'école. Avec 49 emplois d’enseignants en plus dans le premier degré, l’académie se placera ainsi au 6e rang des académies les mieux pourvues, en dehors de celles de Créteil et de Versailles, « avec une progression démographique la plaçant également au 6e rang » (- 866 élèves par rapport à la rentrée 2018).

L’Hérault, seul département à bénéficier d’embauches à l’école

Ces embauches à l’école permettront, selon l’académie, de finaliser les dédoublements en éducation prioritaire, financer les dédoublements dans les CE1 situés en REP et les mesures liées à la scolarisation à 3 ans et améliorer les conditions d’encadrement dans les écoles et l’accompagnement des élèves handicapé. L’Hérault, unique département où les effectifs d’élèves augmenteront en septembre avec + 507 écoliers, est le seul à bénéficier de ces créations d’emplois. Ailleurs, les effectifs chutent : - 472 élèves dans l’Aude, - 603 dans le Gard, - 46 en Lozère et - 252 dans les Pyrénées-Orientales.

Une répartition qui n’est pas du goût de la fédération FO. « Dans le premier degré, seul l’Hérault bénéficie de créations d’emplois, gronde Mathieu Marchal. En ne créant aucun emploi dans les autres départements, et pour l’Hérault en créant des emplois qui devront avant tout absorber le dédoublement des CE1, comment peut-on sérieusement prétendre améliorer les conditions d’encadrement dans les écoles de l’académie ? »

Des emplois supprimés au lycée

Dans les collèges, l’académie a attribué l’équivalent de 67 emplois supplémentaires au collège « afin d’accompagner la progression démographique » (+ 2.086 élèves).

« L’annonce pourrait donner l’illusion d’une amélioration, mais c’est oublier que les collègues accueilleront 2.100 [2.806, en réalité] élèves supplémentaires, reprend Mathieu Marchal, de la fédération FO. De plus, ces moyens seront créés uniquement grâce aux heures supplémentaires. En collège, deux heures supplémentaires imposées à quatre enseignants de Français, cela signifie une classe supplémentaire pour chacun d’eux et le risque de la suppression du poste de leur cinquième collègue. »

Dans les lycées, en revanche, l’équivalent de 61,5 emplois seront supprimés, face à la baisse des effectifs (- 187 élèves), et l’évolution des structures et des formations. Là encore, Mathieu Marchal, pour qui la baisse du nombre d’élèves ne justifie pas le choix de l’académie, tire la sonnette d’alarme : « Pour nous ces mesures suffisent à démontrer que l’objectif de la réforme du lycée est avant tout budgétaire et non pédagogique. »