Montpellier : Ils ramassent des mégots qui vont être recyclés en mobilier urbain

ENVIRONNEMENT Des bénévoles ont ramassé dimanche au bassin Jacques-Coeur des restes de cigarettes, qui vont être recyclées...

Nicolas Bonzom

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Des bénévoles ont procédé à une opération de ramassage de mégots, au bassin Jacques-Coeur, dimanche.
Des bénévoles ont procédé à une opération de ramassage de mégots, au bassin Jacques-Coeur, dimanche. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Ce dimanche, des habitants de Port-Marianne ont procédé à une opération de ramassage de mégots de cigarette, autour du bassin Jacques-Coeur.
  • Ces mégots vont être envoyés à Rennes, pour être recyclés.
  • C’est l’entreprise Mégo !, qui transforme ces déchets en mobilier urbain.

Malgré la pluie, à l’appel du comité de quartier Port-Marianne, de courageux Montpelliérains ont sillonné les alentours du bassin Jacques-Coeur, ce dimanche, pour débarrasser le site des mégots. « Ici comme ailleurs, c’est une catastrophe, il y en a partout, les gens ne respectent rien, s’indigne Mikel Seblin, le président de l’association. C’est d’autant plus regrettable qu’il s’agit d’un lieu de balade, où les enfants jouent. »

Pour Marie-Hélène Cocq, qui a supervisé l’opération avec le concours de Surf Rider, de Rakuten Aquafadas et de la métropole, il s’agit avant tout de montrer aux habitants que jeter un mégot est loin d’être anodin pour l’environnement. « Les gens s’imaginent que parce qu’il s’agit de tabac ou de papier, c’est dégradable, confie cette habitante de Port-Marianne. Ce n’est pas vrai. Un seul mégot pollue jusqu’à 500 litres d’eau. »

« C’est dramatique pour l’environnement »

Armés de pinces, un papa et ses enfants se sont lancés dimanche dans cette chasse aux mégots autour du bassin Jacques-Coeur. « Incroyable, s’exclame-t-il. Il y a des mégots autour des poubelles. Ils ne prennent même pas la peine de les jeter dedans. » Un peu plus loin, un autre bénévole s’étonne de la présence de centaines de déchets de cigarettes près des bancs. Une habitante, de son côté, un sac plein de mégots, s’inquiète du sort des animaux du bassin. « J’ai vu un pauvre canard patauger dans une flaque pleine de mégots, c’est dramatique pour l’environnement », confie-t-elle.

Mais la spécificité de cette opération, c’est que ces centaines de cadavres de cigarettes collectés à Montpellier vont être recyclés. Ils seront envoyés à l'entreprise Mégo !, près de Rennes, qui va les transformer de façon étonnante. « Nous allons dépolluer complètement les mégots dans notre usine, en les passant dans quatre bains différents, ce qui permet de capter les 2 500 produits toxiques présents à l’intérieur, note Jérôme Guilard, son responsable développement. Nous récupérons l’ester acétate de cellulose, un plastique, que nous transformons en mobilier urbain. »

D’autres chasses aux déchets

Selon Mégo !, plus de 8 millions de mégots sont jetés chaque minute dans le monde. Les deux tiers finissent sur le trottoir, dans la nature ou les égouts.

A Montpellier, une nouvelle chasse aux mégots ouverte à tous sera organisée par le comité de quartier Port-Marianne le 27 janvier (à partir de 10 h). Le 17 février (à partir de 14 h 30), des bénévoles s’attaqueront aux déchets qui jonchent le parc Georges-Charpak, de l’autre côté de l’avenue Raymond-Dugrand, et le 31 mars (toute la journée), ce sont les berges du Lez qui seront dépolluées à pied, mais aussi en kayak.