Montpellier: Entre altercation présumée et démissions surprises, la culture tangue à la métropole

CULTURE Le pilote de la Comédie du livre n’est plus dans l’avion, un nouveau visage a été recruté, et le conseil scientifique de l’Agora des savoirs a démissionné…

Nicolas Bonzom

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Philippe Saurel.
Philippe Saurel. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse
  • Un nouveau visage a été recruté à la Comédie du livre, pour remédier à l’absence de Régis Penalva, en arrêt maladie, après, selon Philippe Saurel, « une altercation ».
  • A l’Agora des savoirs, le bateau tangue aussi : le conseil scientifique a démissionné.
  • En lieu et place du président, le maire a nommé une scientifique et ex-députée PS.

A la métropole de Montpellier, ça tangue rayon culture. Depuis plusieurs jours, on assiste à une valse des personnalités, entre altercation supposée et démissions surprises.

D’abord, à la Comédie du livre. Le 9 janvier, Philippe Saurel (divers gauche), maire et président de la métropole, officialisait la nomination de la journaliste Florence Bouchy en tant que nouvelle directrice artistique et littéraire du salon montpelliérain, qui rassemble chaque année au printemps près de 100.000 amateurs de lecture sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. Régis Penalva, le médiatique fonctionnaire de la métropole, qui pilotait jusqu’ici l’événement, « est en arrêt maladie », indiquait simplement l’élu.

Une altercation présumée

De quoi attiser les suspicions, notamment dans les rangs de l’opposition. « Le jeu de quilles culturel continue », a regretté Alex Larue (LR), tandis que Michaël Delafosse (PS) évoquait sur Twitter une « situation de plus en plus préoccupante » au sein de la culture.

Le maire en a dit un peu plus, lundi, lors d’une conférence de presse destiné à présenter sa nouvelle recrue. « Il y a eu, souligne Philippe Saurel, une altercation très violente entre Régis Penalva et Gilles Gudin de Vallerin [le directeur du réseau des médiathèques de la métropole de Montpellier]. Le premier menaçant de mort le second, devant témoins, entraînant un dépôt de plainte immédiat. Ce dépôt de plainte a donné lieu à une commission de discipline, qui a eu comme verdict pour Régis Penalva un mois de mise à pied. Depuis, Régis Penalva est en maladie. »

Le conseil scientifique de l’Agora des savoirs a démissionné

Sollicité par 20 Minutes, ce dernier indique n’avoir ni la possibilité ni le souhait de commenter les propos du maire. « A ce jour, aucune mise à pied ou sanction d’aucune sorte ne m’a été officiellement signifiée, note Régis Penalva. Je suis en arrêt maladie depuis le 3 octobre dernier et aspire simplement au repos et à retrouver pleinement la santé. » Florence Bouchy, nouveau visage de la Comédie du livre, n’a pas pris le poste de ce dernier, qui reste « préservé », indique Philippe Saurel. Elle n’a été pour l’instant embauchée que pour mettre sur pied l’édition 2019 de la Comédie du livre.

Cette tempête en milieu feutrée intervient alors qu’un autre vaisseau culturel de la métropole tangue : l’Agora des savoirs. Ce cycle de conférences très populaire, mis en place en 2009 par l’équipe d’Hélène Mandroux (PS), ancienne maire de Montpellier, réunit chaque mercredi des centaines d’amoureux de la culture scientifique. Là encore, ce sont les vœux de Philippe Saurel qui ont mis le feu aux poudres : l’élu a annoncé le remplacement au poste de président du Conseil scientifique de Michel Miaille, professeur émérite de droit et de science politique à l’université de Montpellier, par Anne-Yvonne Le Dain, ingénieur agronome et ancienne députée PS de l’Hérault.

« Je mets une scientifique à la tête [de l’Agora des savoirs], pas un professeur de droit »

C’en est trop, pour les membres du conseil de l’Agora des savoirs, qui ont tous démissionné, ont-ils fait savoir, ce lundi. « Depuis plusieurs mois, les incidents déplaisants se sont multipliés, indiquent-ils dans un communiqué. Depuis la rentrée, nous n’avons plus les moyens opérationnels et logistiques pour assurer la programmation dans de bonnes conditions. Malgré des courriers répétés, la métropole n’a répondu à aucune de nos demandes relatives à ces dysfonctionnements. Enfin, nous avons découvert, avec stupeur et consternation, le renvoi brutal du président du conseil scientifique. »

De son côté, Philippe Saurel a assuré lundi qu’il avait prévenu Michel Miaille de ce changement. « Je tiens à la culture scientifique, je mets une scientifique à la tête [de l’Agora des savoirs], pas un professeur de droit, avec tout le respect que j’ai pour eux », confie l’élu, qui indique que tous les membres du conseil seront contactés, pour savoir s’ils « souhaitent revenir ». « Ils seront accueillis à bras ouverts », indique le maire.