VIDEO. Montpellier : La ville veut interdire les cirques avec des animaux, la profession saisit la justice

JUSTICE L'association de défense des cirques de famille indique qu'elle va saisir le tribunal administratif de Montpellier...

Nicolas Bonzom

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Un chameau (Illustration)
Un chameau (Illustration) — Francois Mori/AP/SIPA
  • Le conseil municipal a voté un vœu visant à interdire les cirques animaliers.
  • Pour la profession, cette décision est « illégale ».
  • L’association de défense des cirques de famille va saisir la justice.

En janvier dernier, lors de la présentation de ses vœux, Philippe Saurel (divers gauche) avait surpris son auditoire, en annonçant que Montpellier n’accueillerait plus aucun cirque mettant en scène des animaux sauvages à partir du 1er janvier 2019. Une décision applaudie par de nombreux défenseurs de la cause animale.

Jeudi soir, le maire de Montpellier est allé un peu plus loin, en faisant voter ce vœu en conseil municipal. La commune souhaite ainsi « que l’Etat se positionne en 2019 pour interdire la présence d’animaux sauvages dans les cirques ». « Dans l’attente d’une telle réglementation, la ville [utilisera] les compétences à sa disposition pour interdire dès 2019 » de telles ménageries, indique le vœu prononcé par l’assemblée municipale.

« On a le droit d’exercer le métier que l’on veut »

Mais comme 20 Minutes l’avait déjà évoqué le 16 janvier dernier, sans loi nationale, une telle décision semble difficile à mettre en œuvre. Pour les représentants de la profession, c’est même parfaitement « illégal ». « Un maire ne peut absolument pas prendre cette décision, comme il ne peut pas non plus délivrer le diplôme de médecin, ironise Cyrille Emery, le porte-parole de l’Association de défense des cirques de famille. Cela s’appelle le principe de liberté du commerce. Depuis la Révolution, on a le droit d’exercer le métier que l’on veut, dans la limite du respect de la loi. »

Le seul levier du maire, c’est la délivrance de l’autorisation d’occupation du domaine public. « Et encore, il est impossible d’opposer un refus philosophique ou éthique à un spectacle », reprend Cyrille Emery. L'association​ indique qu’elle va saisir le tribunal administratif de Montpellier afin de faire annuler cette décision, « et nous demandons au préfet de l’Hérault, dans le cadre des pouvoirs qui sont les siens au titre du contrôle de légalité, de déférer cette délibération illégale au juge administratif », indique-t-elle.