VIDEO. Montpellier: «Je songe à présenter un chien aux municipales», confie Rémi Gaillard

INTERVIEW Le Montpelliérain aux 1,6 milliard de vues sur YouTube se confie à « 20 Minutes » sur ces combats pour la cause animale…

Nicolas Bonzom

— 

Rémi Gaillard, dans une cage de la SPA de Montpellier.
Rémi Gaillard, dans une cage de la SPA de Montpellier. — Capture d'écran Facebook / Rémi Gaillard
  • Le festival Anymal organisé par Rémi Gaillard se déroule samedi au Zénith-Sud de Montpellier.
  • Le Montpelliérain multiplie les initiatives en faveur de la cause animale. Il indique qu’il va tout faire pour retirer le renard des nuisibles et se mobilise pour l’ouverture d’un espace de liberté pour les chiens en attente d’adoption.
  • Sa prise de conscience en faveur des animaux vient de sa rencontre avec le chien de son ex-copine.

Samedi, Anymal investit le Zénith-Sud de Montpellier. Complet depuis de longues semaines, le festival de Rémi Gaillard accueillera Shaka Ponk, Tryo ou Sinsemilia.

20 Minutes a profité de l’occasion pour questionner le Montpelliérain au 1,6 milliard de vues sur YouTube sur un sujet qui lui tient à cœur : la défense des animaux.

Depuis des années, vous défendez les droits des animaux dans vos vidéos ou sur les réseaux sociaux. D’où vient cet engagement pour la cause animale ?

Mon chien est mort le 2 mai 2012, et ce fut un véritable tournant dans ma vie. Ce fut le départ d’une aventure différente. Je suis sensible au bien-être animal depuis toujours, il n’était pas encore entré dans ma vie, je me déguisais déjà en poulet et je déposais une gerbe devant une rôtisserie. Mais mon chien m’a apporté un supplément d’âme. C’était le chien de mon ex-copine, elle est partie, elle m’a demandé de promener son chien et d’arroser les fleurs. Les premiers temps, j’arrosais le chien et je promenais les fleurs. Puis Tilay et moi, on s’est accompagnés, on s’est retrouvés là, on était tous les deux un peu tristes. Quand il est mort, ça m’a décapité. Comme il avait tout fait pour moi, je lui ai promis de tout faire pour lui et ses congénères. Alors j’ai élevé mon combat.

Après vous être enfermé dans une cage à la SPA, vous aviez annoncé votre volonté de créer des espaces de liberté pour les chiens. Où en est ce projet ?

Ça devrait se faire, j’aimerais bien que ce soit autour de Montpellier. J’ai rencontré le patron de Gifi, Philippe Ginestet, qui va m’accompagner financièrement dans ce projet. Ce serait des espaces où les chiens seraient en liberté. Dans l’attente d’être adoptés, attention, ce n’est pas un zoo. Ce sera un paradis pour les chiens, mais ils ne sont pas censés y rester, parce que le vrai paradis pour un chien, c’est une famille. Et ça ne serait pas seulement pour les chiens, mais aussi pour les chats et les animaux de la ferme. Ce serait un véritable village, avec une salle de spectacle, où on pourrait faire nos propres événements, et une brasserie vegan. J’aimerais vraiment faire de Montpellier la capitale des animaux. Mais j’ai été déçu par le maire [Philippe Saurel, divers gauche]. Je me demande si je ne vais pas partir dans l’aventure des municipales…

De quelle manière ?

Je n’ai pas envie d’être maire de Montpellier, ce n’est pas mon but, la politique me fait chier. Si je sens que mon projet [d’espaces de liberté pour les chiens] ne le branche pas, j’irai voir ceux que ça branche… Et je songe vraiment à présenter un chien aux élections municipales à Montpellier*.

On vous a vu manifester à Rodilhan, dernièrement, contre la corrida.

Pour les corridas, il y a aujourd’hui plus de manifestants que de public. Certains parlent de « tradition ». Mais quand la tradition tue, il faut tuer la tradition. On tue des êtres sensibles, et donne ça en spectacle. Je ne comprends pas.

Vous avez rencontré François de Rugy, le ministre de l’Ecologie, le 26 octobre dernier, à Paris. Comment s’est passé votre entretien ?

J’ai vite compris que je n’avais rien à attendre de lui. Je lui ai dit « Dans tous les cas, je repars avec une victoire, à vous de décider. Les orques, les renards ? Allez, les renards. » J’ai pris mon téléphone, et j'ai fait cette vidéo où je le piège, en annonçant que le renard ne fait plus partie de la liste des nuisibles. Midi Libre, le Figaro ont repris la « Fox news ». J’ai décidé de tout faire pour chasser le renard de la liste des nuisibles. Ce n’est plus possible. Une pétition a été lancée. Et si un million de signatures ne suffisent pas, je m’enterrerai dans un terrier jusqu’à ce que la loi change.

Êtes-vous vegan ?

Oui ! Et j’en suis fier. Je l’avais été pendant six mois, et j’avais craqué, parce que je ne mangeais que des concombres, ça n’allait pas, je crois ! Mais j’avais réduit considérablement ma consommation de viande. Et là, je suis redevenu vegan. Mais c’est comme la cigarette, je crois. Mais je ne donne de leçon à personne.

* Il n'est évidemment pas possible en France de présenter un chien aux municipales. Selon l'article L228 du code électoral, « sont éligibles au conseil municipal les électeurs de la commune [de 18 ans et plus] et les citoyens inscrits au rôle des contributions directes ou justifiant qu'ils devaient y être inscrits au 1er janvier ».