Près de 1.500 cyclistes se sont réunis à Montpellier, samedi, au Peyrou.
Près de 1.500 cyclistes se sont réunis à Montpellier, samedi, au Peyrou. — N. Bonzom / Maxele Presse

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VIDEO. Montpellier : «On risque sa vie à bicyclette», près de 1.500 cyclistes réclament plus de sécurité

A l'appel de Vélocité, de très nombreux vélos ont traversé la ville, samedi...

  • Près de 1.500 cyclistes ont traversé la ville, samedi, à Montpellier.
  • Le mouvement #Jesuisundesdeux fait le plein depuis quelques jours.
  • Les amateurs de vélo réclament plus de pistes cyclables, et plus de sécurité.

Tout est parti d’une petite phrase, prononcée le 20 octobre dernier, par Philippe Saurel (divers gauche). « Faire une infrastructure pour qu’elle soit utilisée par deux personnes, ce n’est peut-être pas l’idéal », soulignait le maire et président de la métropole de Montpellier à  France 3, devant un contournement routier de Castries (Hérault) flambant neuf, mais totalement dépourvu de voies réservées aux bicyclettes.

Sur Twitter, les amoureux de la petite reine ont aussitôt dégainé le hashtag #Jesuisundesdeux, pour réclamer une politique plus audacieuse en matière de vélo. Samedi, la grogne s’est prolongée dans la rue : à l’appel de l’association Vélocité, près de 1.500 personnes ont traversé la ville à bicyclette, pour demander plus de sécurité.

« C’est un petit combat avec les voitures »

« Il faut créer plus de pistes, souligne un papa, qui accompagne ses filles à vélo à l’école chaque matin. Certains endroits sont très dangereux à Montpellier, on est obligé de rouler sur la route, sur le trottoir ou les rails du tramway. Plus on se sentira en sécurité, plus les gens se mettront au vélo, plus on poussera les enfants à s’y mettre. »

« De nombreuses pistes cyclables ne sont pas entretenues, ou bloquées par des voitures, on est obligé de se déporter. C’est à chaque fois un petit combat avec les voitures, reprend Benoît, qui chevauche son deux-roues pour aller au travail depuis 20 ans. C’est dommage, cette ville a un climat idéal pour utiliser le vélo. » « On risque sa vie à bicyclette, note une jeune femme. Les camions passent, ils nous déstabilisent. »

22 km de pistes cyclables créés depuis 2014, assure la mairie

Olga, qui a vécu en Belgique, a été surprise quand elle est arrivée à Montpellier : « Il n’y a presque rien ici, confie-t-elle. Je me sens en danger. Il manque aussi de racks ou de garages à vélos. »

Les pistes cyclables en pointillés, dont le tracé s’interrompt, sont aussi au cœur de la colère des cyclistes. « Des tas de pistes s’arrêtent brusquement, sans que l’on sache où rouler ensuite, regrette une Pérolienne, qui fait partie d’un groupe de retraités qui pédalent plusieurs fois par semaine. Et des endroits où il n’y a rien ! »

Le mouvement #Jesuisundesdeux a rassemblé près de 1.500 cyclistes à Montpellier.
Le mouvement #Jesuisundesdeux a rassemblé près de 1.500 cyclistes à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Face aux revendications des cyclistes, l’équipe municipale a mis en avant sa politique en matière de vélo, ce week-end, sur Twitter : 22 km de pistes cyclables auraient été réalisés depuis 2014, contre seulement 8 km lors de la mandature précédente.

Selon Luc Albernhe (divers gauche), l’élu de la ville en charge du cadre de vie, « il reste 2019 et 2020. On arrivera au minimum à plus de 25 km. » A cela s’ajoutent notamment la conversion prochaine d’anciennes voies SNCF en voies vertes cyclables, entre Montpellier, Castries et Sommières et Montpellier, Cournonsec et Paulhan, la création de nouvelles pistes cyclables sur la route de Lodève ou sur la RD 27, entre Grabels et Montferrier-sur-Lez, ou d’un nouveau garage à vélos dans le quartier Saint-Roch.