Hérault : Une classe pour enfants autistes dans une maternelle... « Mon fils peut aller dans la cour comme les autres »

REPORTAGE Sept enfants autistes font leur rentrée à l'école cette semaine au sein d'une classe de maternelle spécialisée...

Nicolas Bonzom

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La classe spécialisée a ouvert au sein de l’école maternelle Jean-Ponsy, à Grabels.
La classe spécialisée a ouvert au sein de l’école maternelle Jean-Ponsy, à Grabels. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Sept enfants de 3 à 6 ans, présentant des troubles de l’autisme, sont accueillis dans une classe au sein de l’école maternelle de Grabels, près de Montpellier.
  • Une enseignante spécialisée, mais aussi un orthophoniste, un psychomotricien et un psychologue prennent en charge les enfants au sein de la classe.
  • A terme, les enfants pourront intégrer une classe ordinaire, si c’est possible.

Ils s’appellent Adam, Gabriel, Samir, Yanis ou Lola. Sept enfants de 3 à 6 ans, atteints de troubles de l’autisme, ont fait leur rentrée cette semaine dans une classe spécialisée à l’école maternelle Jean-Ponsy, à Grabels, près de  Montpellier.

Mis en place sous l’égide de l’Education nationale, de l’Agence régionale de la santé et de l’association Adages, ce dispositif est au cœur du Plan autisme, qui vise à offrir des solutions aux parents d’enfants présentant des troubles avérés du spectre autistique. Dans la classe, il y a des jouets, des livres, des crayons de couleur, des dessins… Comme dans une classe ordinaire. Sauf qu’ici, une enseignante spécialisée, mais aussi un psychologue, un orthophoniste et un psychomotricien prennent en charge de petits individus dont l’état empêche une scolarisation en milieu traditionnel.

Une enseignante, mais aussi un psychologue, un psychomotricien et un orthophoniste prennent en charge les enfants.
Une enseignante, mais aussi un psychologue, un psychomotricien et un orthophoniste prennent en charge les enfants. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Si les enfants sont en capacité d’intégrer une classe ordinaire, ils le feront »

« Nous commençons par une heure par jour avec les enfants, en présence des familles, à la découverte de la salle de classe, puis nous rajouterons petit à petit du temps de présence, puis la prise de repas, puis la sieste, souligne Isabelle Porteix, l’enseignante en charge de cette nouvelle classe. Si cela est possible, certains enfants seront ensuite accueillis à plein temps en classe, quatre jours par semaine. »

« Pendant trois ans, le dispositif conjugue des réponses éducatives et thérapeutiques, indique Christophe Fanguin, le directeur de l’Institut médico-éducatif Les Oliviers, à la Chamberte, à Montpellier, qui porte le projet. Nous mettons en place des outils qui permettent aux enfants d’amoindrir leurs difficultés d’être avec les autres, d’interargir, de gagner en autonomie. A terme, si les enfants sont en capacité d’intégrer une classe ordinaire, ils le feront accompagnés par une auxiliaire de vie scolaire, par exemple. Pour les autres, ils pourront être dirigés vers un établissement spécialisé. »

La classe accueille sept enfants de 3 à 6 ans présentant des troubles de l'autisme.
La classe accueille sept enfants de 3 à 6 ans présentant des troubles de l'autisme. - N. Bonzom / Maxele Presse

« C’est un soulagement »

Amina, maman de trois enfants, a pu inscrire son petit dernier, Adam, dans cette nouvelle classe. Atteint de troubles sévères de l’autisme, le petit garçon ne parle pas, et ne peut pas intégrer une classe traditionnelle. Elle est tellement « heureuse » qu’elle envisage de s’installer dans le village, pour être au plus près de l’école.

« C’est un soulagement pour moi, pour le petit, confie la jeune femme. Il n’a été accepté dans aucune école. Je suis pratiquement sûre qu’il va évoluer, qu’il va progresser grâce à ce dispositif, qu’il va commencer à faire des choses qu’il n’arrivait pas à faire jusqu’ici. Le fait que ce soit dans une école ordinaire est aussi très important. Mon enfant n’est pas dans un institut spécialisé, il peut aller dans la cour, comme les autres enfants. »