Origines, utilité... Trois questions sur la future ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan

TRAIN Le dossier sur ce vieux projet, maintes fois retardé, est à la disposition des habitants, notamment à la métropole de Montpellier jusqu’au 23 novembre…

Nicolas Bonzom

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Un train de frêt à la gare Sud de France, à Montpellier, sur le chemin de la future ligne LGV.
Un train de frêt à la gare Sud de France, à Montpellier, sur le chemin de la future ligne LGV. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le projet prévoit de relier Montpellier à Perpignan avec une ligne à grande vitesse.
  • Prévue depuis 1995, l’infrastructure ferroviaire a été maintes fois retardée.
  • Aujourd’hui, le tracé a été sanctuarisé jusqu’aux Pyrénées-Orientales.

A gauche comme à droite, et jusqu’à l’extrême droite, le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Perpignan fait l’unanimité chez les élus de l’est de l’Occitanie.

Chaînon manquant entre la France et l’Espagne, l’infrastructure, maintes fois retardée, n’attend qu’un feu vert de l’Etat. Tandis que le dossier autour du projet est à la disposition des habitants dans les collectivités concernées, notamment à la métropole de Montpellier jusqu’au 23 novembre, 20 Minutes fait le point sur ce… serpent de mer.

D’où vient ce projet ?

C’est un projet qui ne date pas hier. Il a même plus de vingt ans. La première fois que la réalisation d’une LGV entre Montpellier et Perpignan a été actée, c’était en 1995, lors de la signature des accords de Madrid. Le 10 octobre de cette année-là, les gouvernements français et espagnol s’engageaient pour la construction d’une ligne ferroviaire le long de la façade méditerranéenne entre la France et l’Espagne, d’abord entre Perpignan et Figueras, avec l’engagement de la raccorder à Montpellier.

La ligne sera déclarée d’intérêt général en 2000, le débat public bouclé en 2009 dans la région, avant que le projet ne s’éloigne peu à peu des radars au fil des rapports…

Quelle serait l’utilité de cette ligne ?

Elles sont multiples, pour ses défenseurs. Après la construction des nouvelles voies à grande vitesse entre Nîmes et Montpellier, la LGV entre l’Hérault et les Pyrénées-Orientales est le chaînon manquant entre la France et l’Espagne. « Nous en avons besoin, souligne Jean-Luc Gibelin, le vice-président de la région Occitanie en charge des transports. A l’échelle de l’Europe, c’est une totale incohérence que la ligne à grande vitesse s’arrête à la frontière d’un côté et à Montpellier de l’autre. » La ligne permettrait de relier Perpignan à Montpellier en 45 min contre 1h30 actuellement, et réduirait le temps de parcours en train de Paris à Barcelone à 4h30.

Outre l’accélération des trajets ferroviaires entre les deux pays, l’arrivée de la LGV offrirait également de nouvelles possibilités de fret, libérant ainsi sur les lignes classiques surchargées de l’espace « pour les trains du quotidien », notamment pour les TER.

Où en est le projet ?

A la fin de l’été, le projet de LGV, dont le coût est estimé à environ 5,5 milliards d’euros, a franchi une nouvelle étape, et pas des moindres : Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a pris la décision de préserver le foncier nécessaire à la réalisation de cette nouvelle infrastructure, désormais considérée comme l’un des dossiers ferroviaires prioritaires de la ministre. Le tracé de la LGV est donc aujourd’hui sanctuarisé jusqu’à Perpignan. Désormais, la balle est dans le camp de l’Etat.