Montpellier: «On se sent utile», des étudiants vivent en colocation dans une maison de retraite

SOLIDARITE En échange d’un peu de leur temps auprès des personnes âgées de l'Ehpad, ils paient un loyer modéré. «20 Minutes» les a rencontrés…

Nicolas Bonzom

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Une étudiante au piano, devant des pensionnaires d'un Ehpad de Montpellier.
Une étudiante au piano, devant des pensionnaires d'un Ehpad de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Viens chez moi, j’habite dans un Ehpad ! A la rentrée, Anaïs, Roselyne, Mandy, Iris ou Jimmy ont aménagé dans des colocations pas comme les autres. La ville de Montpellier a permis à 11 étudiants de la capitale héraultaise de s’installer dans trois Ehpad, des maisons de retraites qui accueillent des personnes âgées dépendantes.

En échange d’un peu de leur temps auprès des pensionnaires, au moins trois heures par semaine, ces jeunes ne paient qu’un loyer modéré : entre 190 et 250 euros le logement, selon la superficie, auxquels vient se soustraire l’aide de la Caf, environ 140 euros.

« Cela nous permet de nous sentir utiles »

« Le but est de rompre l’isolement affectif dans lequel peuvent se trouver les résidents », note Annie Yague, l’élue aux affaires sociales. « Le projet m’a intéressé humainement, confie Mandy, étudiante en musicothérapie. Je savais que cela pouvait apporter quelque chose aux résidents, et m’apporter aussi. Je discute beaucoup avec eux, certains ont besoin de parler. » « Cela nous permet de nous sentir utiles », reprend Jimmy.

« La semaine dernière, on s’est posé au soleil, avec les personnes âgées, on a fait de la musique, on partage des moments ensemble », reprend Roselyne. « Mais même si l’on vit au sein d’une maison de retraite, on se sent vraiment chez nous, ajoute Iris, inscrite en 1e année d’une formation d’assistante sociale. Il n’y a pas d’horaires de coucher imposés, et si l’on veut commander des pizzas, on peut, on appelle le livreur ! »

Des étudiantes qui ont aménagé au sein d'Ehpad à Montpellier.
Des étudiantes qui ont aménagé au sein d'Ehpad à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Un plus pour les études »

Ces étonnantes colocations intergénérationnelles sont même, pour Anaïs, qui suit un cursus de sciences sanitaires et sociales, « un plus pour les études ». Chaque étudiant, qui a aménagé dans des appartements rénovés qui logeaient jadis les directeurs des Ehpad, a préparé un petit projet, qu’il mènera toute l’année auprès des personnes âgées.

Parmi ces activités, la création d’un blog, qui racontera la vie des pensionnaires de l'Ehpad, et leurs passions, pour créer un lien avec les familles, des ateliers de musicothérapie, ou des projections de films. Un terrain de pétanque, pour partager une partie avec leurs aînés, est même à la disposition des étudiants.