Montpellier: «S’il y a à nouveau des blocages, je change d’université», témoigne une étudiante de Paul-Valéry

ETUDIANTS Au printemps dernier, le campus a été bloqué pendant près de deux mois...

Nicolas Bonzom

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A la faculté Paul-Valéry à Montpellier, ce lundi matin, jour de rentrée.
A la faculté Paul-Valéry à Montpellier, ce lundi matin, jour de rentrée. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Ce lundi, c’est jour de rentrée à l’université Paul-Valéry à Montpellier.
  • Au printemps dernier, le campus a été bloqué pendant près de deux mois.
  • Les étudiants interrogés par 20 Minutes appréhendent la rentrée.

A Montpellier, l’université Paul-Valéry ne porte plus les stigmates des blocages du printemps. Tout a été repeint, remis à neuf, les chaises et les tables qui encombraient les entrées dégagées. Mais le souvenir d’une faculté paralysée, occupée jour et nuit par des militants opposés aux réformes de l’enseignement supérieur, reste dans les mémoires. 20 Minutes a interrogé des étudiants qui ont fait leur rentrée.

L'université Paul-Valéry, le lundi 23 avril dernier. Le campus porte les stigmates du mouvement étudiant.
L'université Paul-Valéry, le lundi 23 avril dernier. Le campus porte les stigmates du mouvement étudiant. - N. Bonzom / Maxele Presse
L'université Paul-Valéry, ce lundi 17 septembre, jour de rentrée. Tout a été repeint, remis à neuf.
L'université Paul-Valéry, ce lundi 17 septembre, jour de rentrée. Tout a été repeint, remis à neuf. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Je comprends les revendications de ceux qui ont bloqué l’université, mais le mouvement a pris une tournure trop importante, c’est allé trop loin, c’était n’importe quoi, témoigne une étudiante en 2e année de psychologie. Résultat, on a loupé l’ensemble du deuxième semestre. » A ses côtés, un camarade d’amphi avoue un « certain stress », pour la rentrée, ce lundi. « On n’a pas fait tout le programme l’année dernière, on ne sait pas s’il nous manque des notions pour suivre correctement les cours cette année, confie le jeune homme. Alors, on est un peu perdu, pour l’instant. On attend de voir… »

« Il fallait défendre les droits des étudiants, mais là, ça les a beaucoup pénalisés »

Une étudiante, elle aussi en psychologie, regrette que les partiels, qui ont eu lieu dans le plus grand des chaos, la plupart en ligne ou dans d’autres établissements, étaient « très difficiles » au printemps dernier. « Je pense que les professeurs se sont dit que comme nous n’avions que le premier semestre à bûcher, il fallait qu’on le connaisse sur le bout des doigts ! Alors, ils ont pas mal monté la difficulté, et c’était vraiment pas facile… »

Quelques nouveaux venus à la faculté de lettres, qui ont suivi la pagaille sur le campus dans les médias ou sur les réseaux sociaux, semblent eux aussi préoccupés. « Je comprends les raisons de la colère, il fallait défendre les droits des étudiants, mais là, ça les a beaucoup pénalisés, témoigne une étudiante en sociologie. L’une de mes copines a eu du mal à passer ses examens, elle les a passés dans un autre établissement. »

« On espère vraiment qu’il n’y aura pas de blocage cette année, reprend une étudiante en première année d’histoire. Pour l’instant, on reste concentré sur la rentrée, ce n’est pas facile, ça change beaucoup du lycée ! » Une autre étudiante, qui attaque une 2e année de psychologie, a pris sa décision : « S’il y a à nouveau des blocages comme l’année dernière, je change d’université, je m’en vais, c’est certain ! », assure-t-elle.