VIDEO. Violences à la faculté de droit de Montpellier: Six personnes proches de l'extrême-droite déférées, l'ex-doyen mis en cause

JUSTICE Huit personnes ont été interpellées mardi dans la région, six ont été présentées à un juge...

Nicolas Bonzom

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Des CRS étaient mobilisés à la faculté de droit de Montpellier ce mardi.
Des CRS étaient mobilisés à la faculté de droit de Montpellier ce mardi. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Dans la nuit du 22 au 23 mars, un commando armé de planches de bois a fait irruption dans un amphithéâtre de la faculté de droit, pour déloger des manifestants.
  • Huit personnes ont été interpellées dans la région, six ont été présentées à un juge.
  • L'un des suspects met directement en cause l'ancien doyen Philippe Pétel.

L’enquête sur les violences à la faculté de droit de Montpellier, dans la nuit du 22 au 23 mars, se poursuit. Ce jeudi matin, six personnes ont été déférées au parquet, après l’interpellation de huit personnes à Montpellier, à Sète et dans le Gard, mardi, confondues, notamment, grâce à des éléments de téléphonie. 20 Minutes fait le point sur les dernières informations sur cette affaire, qui fait trembler le petit monde universitaire.

Que s’est-il passé dans la nuit du 22 au 23 mars ? Dans un contexte social très tendu, lié notamment aux manifestations étudiantes, un groupe avait investi un amphithéâtre de la faculté de droit, le 22 mars, pour l’occuper. Quelques heures plus tard, un commando, armé de planches de bois et d’un pistolet à impulsion électrique, faisait irruption dans l’établissement, pour tenter de les déloger. Sur des vidéos qui circulaient alors sur les réseaux sociaux, on voyait des visages d’étudiants en sang. Selon le procureur de Montpellier, Christophe Barret, cette intervention musclée n’a cependant fait que dix blessés légers, dont seulement quatre se sont vus prescrire un jour d’ITT.

Les planches de bois utilisées par ces individus, dont certains avaient le visage masqué, provenaient de palettes, entreposées sur un parking intérieur de l’université, dans le cadre de travaux effectués dans l’établissement. Avant de pénétrer dans l’amphithéâtre, le commando s’est réuni sur ce parking, ont permis de démontrer les investigations.

Sept jours plus tard, l'ancien doyen de la faculté, Philippe Pétel, qui a présenté sa démission peu après les événements, ainsi que Jean-Luc Coronel, un professeur d’histoire du droit en poste à l’université, ont été mis en examen dans cette affaire.

Quelles sont les personnes qui ont été déférées ? Parmi elles, il y a une femme de 47 ans, présentée par le procureur de Montpellier comme la compagne de Jean-Luc Coronel. Elle aurait été informée, le jour des événements, « que la situation devenait dangereuse ». « Elle a demandé à plusieurs personnes de se rejoindre, pour faire partir les occupants, mais pas de manière violente, a-t-elle indiqué », souligne Christophe Barret. Elle aurait agi « de sa propre initiative, sans aucun lien avec son compagnon ». Si cette quadragénaire note s’être retrouvée dans l’amphithéâtre, elle réfute toute violence.

Autre personne présentée à un juge, un ex-militaire de 61 ans, qui aurait été appelée par la compagne de Jean-Luc Coronel. Il serait entré dans l’amphithéâtre, sans arme et le visage découvert. Ce sexagénaire a ajouté un élément qui met en cause l’ex-doyen : « Il a dit avoir entendu Philippe Pétel prendre la parole sur le parking, avant l’intervention, indiquant que c’était le bon moment pour intervenir », poursuit le procureur, qui note que l’ancien doyen, lui, a indiqué avoir cru à une intervention des gendarmes du GIGN.

Un homme de 59 ans, lui, serait intervenu après avoir été sollicité par la quadragénaire, convaincu que « le doyen avait été agressé ». « Il s’est servi d’un pistolet à impulsion électrique, qui lui a été remis dans l’amphithéâtre », note Christophe Barret. Entendu sous le statut de témoin assisté, un autre homme, âgé de 57 ans, indique avoir rejoint le groupe aux abords de la faculté, mais n’être pas intervenu, pour des raisons de santé.

Un homme de 24 ans, lui aussi déféré devant le parquet, réfute avoir participé aux faits, même si « un certain nombre d’éléments le mettent en cause », note le procureur.

Enfin, un homme de 38 ans, dont le casier judiciaire comporte déjà six condamnations, figure parmi les personnes qui ont été présentées à un juge. Interrogé devant le tribunal, il réfute toutes les accusations. « Je conteste avoir été présent dans la faculté de droit le 22 mars. Je ne me rappelle plus trop bien de la soirée, cela date de six mois, et si vous n’y avez pas participé, c’est dur de se rappeler d’événements », assure-t-il.

Ces six personnes ont un point commun, note le procureur : elles fréquentent des « milieux nationalistes ou régionalistes », dont certains sont proches de l’extrême-droite.

Et maintenant ? Les investigations ne sont pas terminées. Selon le procureur de Montpellier, une ou deux personnes n’ont pas encore pu être identifiées, mais l’enquête se poursuit. « Certains regrettent que les investigations ne se déroulent pas sur la place publique, note Christophe Barret. Pour que l’enquête avance, il faut de la discrétion. »