Montpellier: Pour faire face à la galère des familles, une Maison des parents va voir le jour à l'hôpital

SANTE Jusqu’ici, « certains dormaient dans leurs voitures, d’autres dans les couloirs », témoigne Manon, la maman d’une enfant qui a été hospitalisée à Montpellier…

Nicolas Bonzom

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Un enfant, dans le couloir d'un hôpital (illustration).
Un enfant, dans le couloir d'un hôpital (illustration). — ERIC FEFERBERG-POOL/SIPA

Il y aura bientôt une Maison des parents au cœur du CHU de Montpellier. Sur environ 1.200 m2, une vingtaine de chambres permettront bientôt d’accueillir, à deux pas de Lapeyronie et d’Arnaud-de-Villeneuve, les parents des enfants hospitalisés.

Ce futur établissement, réclamé depuis de longues années par les familles des jeunes patients, traînait « dans les tiroirs, sans qu’il n'ait jamais pu voir le jour », concède Guillaume du Chaffaut, le directeur adjoint de l'hôpital, et président du fonds Guilhem, le fonds de dotation qui porte le projet. « Aujourd’hui, il y a urgence. »

« On a pu être logé grâce à une association, puis il a fallu partir »

Car, pour les parents qui habitent loin, parfois au-delà des frontières de l'Occitanie, rester aux côtés de leurs enfants hospitalisés est une véritable galère. Un parcours du combattant qu’ont vécu les parents de la petite Clarisse, née en novembre dernier.

Venus d’Ardèche pour faire soigner leur bébé, ils avaient lancé une pétition, pour qu’une Maison des parents soit créée. « On a pu être logés grâce à une association pendant plusieurs mois avec mon compagnon, puis il a fallu partir, témoigne Manon, la maman. On a eu de gros problèmes, on s’est fait aider par nos familles, on a loué un logement pour rester aux côtés de notre enfant, alors que nous payions le crédit de la maison. »

« Certains dormaient dans leurs voitures, d’autres dans les couloirs »

Pendant de longs mois, les parents de la petite fille ont rencontré des « dizaines et des dizaines de familles qui avaient le même problème ». « Certains dormaient dans leurs voitures, d’autres dans les couloirs de l’hôpital. Cette Maison des parents, elle est indispensable », reprend Manon, pour qui « être à des dizaines et des dizaines de kilomètres quand son enfant est hospitalisé, c’est trop difficile. On a besoin d’être là. »

Une présence qui est, de plus, bénéfique, indique Claire Jeandel, coordinatrice du département pédiatrique du CHU. « Le fait que les parents soient là est très important, dans des pathologies graves ou chroniques, note le médecin. Cela permet de maintenir le lien entre l’enfant, les parents, et la fratrie. Ce projet sera aussi un véritable outil thérapeutique. » Pour que cet établissement voie le jour, le fonds Guilhem lance un appel aux entreprises, aux collectivités, aux professionnels, et même aux particuliers, qui pourraient mettre la main à la poche, et faire un don (déductible des impôts).