VIDEO. Montpellier: On a pris les transports en commun de la «gare fantôme» à la Comédie... Et c'est long

TRANSPORTS On a suivi les voyageurs du Ouigo de 15h25, dimanche, qui rejoignaient le centre-ville…

Nicolas Bonzom

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15h28 : On embarque dans la navette gratuite qui attend les voyageurs en bas de la gare.
15h28 : On embarque dans la navette gratuite qui attend les voyageurs en bas de la gare. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis son ouverture, la nouvelle gare TGV Sud de France fait couler beaucoup d’encre.
  • Manque de trains, éloignée du centre-ville… Et pas de tramway.
  • 20 Minutes a suivi des voyageurs qui rejoignaient le centre-ville, dimanche.

Jamais une gare n’avait fait couler autant d’encre. La gare TGV Sud de France, qui a ouvert ses portes cet été à Montpellier au beau milieu des coquelicots, n’accueille que cinq trains par jour, en attendant que la gare de Manduel ne sorte de terre : un TGV, un Ouigo et trois Intercités. Pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que de passer par là, rejoindre le centre-ville met un peu plus d’une quarantaine de minutes, promet la SNCF.

20 Minutes a embarqué dans la navette qui attend les voyageurs au pied de la désormais célèbre « gare fantôme » pour tester ce périple, dont tout le monde parle.

« Elle sert à quoi cette gare ? »

Il est 15h25, dimanche, le Ouigo en provenance de l’aéroport Charles-de-Gaulle vient d’arriver. « Elle sert à quoi cette gare ? », lâche une voyageuse, intriguée devant un hall sans boutique, et peu de personnel SNCF. Cinq minutes plus tard, les usagers qui n’ont pas la chance d’être attendus en voiture se pressent face à la navette… Gratuite.

Une bonne surprise, pour certains. Qui déchantent vite, quand ils remarquent à quel point le bus est plein à craquer. « Avec les grosses valises, c’est difficile », se plaint une voyageuse. « Cette pagaille autour de cette gare, j’en avais entendu parler, mais là, je le vis en live, c’est pas mal », plaisante une autre avec son voisin. La navette est pleine, les voyageurs qui restent sur le quai prendront les prochaines. A 15h31, on décolle. « Je n’ai pas vu que j’arrivais dans cette gare, quand j’ai pris mon billet de train sur Internet », regrette une dame, dont la voiture est garée dans un parking du centre-ville.

« Ah, le tramway nous passe sous le nez »

Dix minutes plus tard, nous voilà place de France, à Odysseum. Une file se forme devant les caisses pour prendre un ticket. Le premier tramway approche. « On laisse tomber », crie un jeune homme, qui préfère frauder. Nous, on va faire les choses bien. On prend un ticket, 1,60 euro. « Ah, le tramway nous passe sous le nez », rit un jeune Montpelliérain, qui a préféré venir à pied de la Mogère que de monter dans la navette.

Quinze minutes plus tard, nous voilà dans la rame… « Blindée », elle aussi. Il ne reste plus que 30 minutes de trajet (debout) avant d’apercevoir la place de la Comédie. Il nous aura fallu 1h pile depuis la Mogère, avant de rejoindre le centre-ville. C’est beaucoup, quand on sait que la gare a notamment été construite pour faire « gagner 20 minutes » aux voyageurs sur un Paris-Montpellier, se vante la SNCF sur son site Internet.

Le tramway, qui doit faciliter les choses, ne sera pas connecté avant 2021 à la gare. En attendant, les voyageurs devront prendre leur mal en patience. Ou bien tenter d’éviter la gare Sud de France, au profit de la gare Saint-Roch. Mais ce n’est pas toujours possible.

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