Selon la Fédération des travaux publics, les ponts sont en mauvais état dans l'ex-Languedoc-Roussillon

ROUTES L’organisme livre un baromètre qui n’est pas très rassurant. Les départements de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales, eux, réfutent ces chiffres…

Nicolas Bonzom

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Un pont, en France (illustration).
Un pont, en France (illustration). — FAYOLLE/SIPA
  • La Fédération des travaux publics pointe du doigt l'état des ponts.
  • Les départements de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales réfutent ces chiffres.

L’effondrement mortel du pont de Gênes, en Italie, le 14 août, a fait ressortir une publication de la Fédération des travaux publics, qui est loin d’être rassurante.

Selon l’enquête (dont la version complète est disponible ici) délivrée par l’organisme, qui regroupe les acteurs régionaux de la filière, de nombreux ponts et ouvrages d’art de l’ex-Languedoc-Roussillon mériteraient d’être réparés. Dans l’Hérault, selon des chiffres de 2016, seulement 19 % du parc d’ouvrage d’art routier, sous maîtrise du département, serait bon état. Le reste nécessiterait un entretien ou des réparations.

« Pour attirer l’attention des politiques »

Dans l’Aude, selon des chiffres de 2016, seulement 21 % des ponts seraient en bon état. Et dans les Pyrénées-Orientales, selon des chiffres de 2017, seulement 25 %.

« La majorité des ouvrages d’art ont été conçus après-guerre, quand la France s’est reconstruite, indique Olivier Girogiucci, le président de la Fédération des travaux publics d’Occitanie. Bien entretenu, un pont a environ une centaine d’années de vie. Cette analyse, nous l’avons faite pour attirer l’attention des politiques sur la problématique. »

« Si l’on n’entretient pas un pont, cela peut coûter cher »

Mais le professionnel ne craint pas particulièrement de catastrophe humaine. « En revanche, une catastrophe économique, oui. Si l’on n’entretient pas un pont à minima, cela peut coûter cher. » Et même pour tout l’écosystème d’une zone. « L’exemple du pont de Carcassonne, à Narbonne, est parlant. Personne ne s’en est jamais occupé pendant des années, il est passé de main en main, puis un jour, la SNCF a demandé sa fermeture, trop dangereux. Les commerces du coin ont tous mis la clé sous la porte. »

Sollicité par 20 Minutes, le département de l'Hérault réfute ces chiffres. Karine Bussone, sa directrice des routes, ne comprend pas « d’où ils sortent ». « Nous diagnostiquons nos ponts tous les trois ans, indique-t-elle. Chacun est inspecté, pour repérer un éventuel problème. Notre patrimoine est en bon état. Nous y consacrons un budget conséquent, 4 millions d’euros par an, pour l’entretien et la protection. »

Même réponse du côté du département des Pyrénées-Orientales, qui dispose de 1.530 ponts sur ces routes. Des vérifications sont menées tous les ans, nous indique-t-on, et les ouvrages d’art sont en bon état général. Deux millions d’euros par an sont consacrés dans le département catalan à l’entretien et la réparation des ponts.

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