Montpellier: Les occupants du squat des archives ont deux mois pour quitter les lieux

JUSTICE La justice leur a octroyé un délai de deux mois pour évacuer le bâtiment, que la ville veut récupérer…

Nicolas Bonzom

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Les anciennes archives départementales, squattées depuis 2016.
Les anciennes archives départementales, squattées depuis 2016. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Les Archives des Beaux-Arts sont occupées depuis 2016 par un collectif.
  • Environ 150 personnes, dont 30 enfants, vivraient dans ce bâtiment.
  • La justice a donné deux mois aux occupants pour quitter les lieux.

La justice a ordonné ce jeudi l’évacuation des anciennes archives départementales de Montpellier, occupées depuis 2016 par le collectif Luttopia, qui l’a transformé en lieu d’hébergement pour les personnes dans le besoin. Dans son arrêt, la Cour d’appel de la ville donne cependant un délai de deux mois aux squatteurs pour quitter les lieux.

Ce vaste bâtiment des Beaux-Arts, abandonné en 2010 par le Conseil général, puis racheté par la commune en 2013, abriterait 150 personnes, dont 15 familles et une trentaine d’enfants, installées dans des chambres aménagées, avec des sanitaires.

Un projet immobilier

En juin 2017, la justice avait déjà octroyé un sursis de huit mois aux occupants de ce lieu, que la mairie de Montpellier voulait récupérer pour y acheminer ses archives. Ici, est aussi prévu un projet immobilier, dont les travaux doivent débuter prochainement. « Il y a urgence en raison du calendrier des travaux. Ce sont des occupants sans droit ni titre », avait souligné l'avocate de la commune, lors de l’audience, le 7 juin dernier.

Ce jeudi, Philippe Saurel (divers gauche), le maire et président de la métropole de Montpellier, s’est réjoui sur Twitter que le projet puisse « enfin démarrer ».

Pour Gwen Lasne, la cofondatrice du collectif Luttopia, ceux qui vivent là « n’ont pas fait le choix délibéré de vivre dans un habitat alternatif, comme on peut le voir dans d’autres communautés. Ce sont des personnes qui ont subi la rue. » « Dans un monde idéal, il n’y aurait aucun squat, chacun pourrait avoir accès à un hébergement d’urgence. Malheureusement, nous ne vivons pas dans ce monde-là », avait plaidé Nicolas Gallon, l’avocat du collectif, pointant le manque criant de toits pour les sans-abri dans l’Hérault.

Un pli livré par un huissier

« Aujourd’hui, certaines associations et les travailleurs sociaux orientent des personnes vers ce lieu, avait poursuivi le 7 juin l’avocat du collectif Luttopia. C’est un squat qui n’en est plus un. Une expulsion sèche aurait des conséquences extrêmement graves. »

Le délai de deux mois pour quitter les lieux ne débutera que lorsqu’un huissier aura livré aux membres du collectif montpelliérain un courrier signifiant l’ordre d’évacuer.

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