VIDEO. Montpellier: Une exposition choc de 240 photos d'Hitler pour démasquer la propagande nazie

EXPOSITION « Un dictateur en images » est à voir jusqu’au 23 septembre au Pavillon Populaire…

Nicolas Bonzom

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L'exposition Un dictateur en images, à Montpellier.
L'exposition Un dictateur en images, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le Pavillon Populaire expose des portraits d’Hitler jusqu’au 23 septembre.
  • Une exposition pour déconstruire la propagande du régime nazi.
  • Ces photos ont été prises par son photographe officiel, Heinrich Hoffmann.

En exposant de vieux Coloramas publicitaires de l’entreprise Kodak ou des clichés de Linda Mc Cartney, la première épouse de l’ancien bassiste des Beatles, le Pavillon Populaire avait créé l’événement. Avec Un dictateur en images, la salle d’exposition municipale de Montpellier, consacrée à la photographie, fait tomber les barrières.

Jusqu’au 23 septembre, l’exposition montre pour la première fois un corpus de 240 photographies d’Adolf Hitler, piochées parmi les 12.000 qui ont été prises de 1924 à 1945 par son photographe officiel, Heinrich Hoffmann. « C’est une exposition qui était risquée, certes », indique Gilles Mora, le directeur artistique du Pavillon Populaire, dont l’entrée est gratuite. « Ce n’est évidemment ni une célébration du nazisme, ni d’Hitler », mais une façon de déconstruire la propagande, au centre du régime du Führer.

« Manipuler une opinion avec une image »

« Cette exposition montre comment on peut manipuler une opinion avec une image », reprend Isabelle Marsala (divers gauche), adjointe au maire en charge de la culture.

Aujourd’hui libres de droit, ces photographies, qui n’ont été présentées dans une salle d’exposition qu’une seule fois, à Munich, dévoilent les images maîtrisées d’un dictateur posant avec des enfants, un chien ou un faon, devant son armée, ou plaisantant avec un ami accordéoniste. Un dictateur en images permet également aux visiteurs de découvrir une quarantaine d’étonnantes photographies prises en 1927, tandis qu’Adolf Hitler travaille sa gestuelle d’orateur dans l’atelier munichois d’Heinrich Hoffmann.

L'une des photos exposées au Pavillon Populaire, à Montpellier.
L'une des photos exposées au Pavillon Populaire, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Il y a un parcours pédagogique clair »

En 1947, le photographe officiel du dictateur, qui avait bâti une gigantesque agence de presse sous le régime nazi, sera condamné à dix ans de prison, à la confiscation de tous ses biens, à la déchéance de ses droits et à l’interdiction d’exercer sa profession. Il sera remis en liberté en 1950, et un jugement en appel le rétablira dans 20 % de ses biens.

« C’est un projet que j’avais en tête depuis très longtemps, on m’a toujours dit que j’étais fou, confie l’historien Alain Sayag, commissaire de l’exposition. Les gens ont peur, sans doute, que l’on cède à la fascination. Mais ce n’est évidemment pas le cas. Il y a un parcours pédagogique clair, et l’on comprend que l’on n’est pas là pour célébrer le sujet, mais pour apprendre à le regarder, à le décoder. » « L’exposition est extrêmement pédagogique, et montre comment on peut, à travers une image, magnifier quelqu’un qui n’était finalement qu’un personnage insignifiant, faire paraître de lui ce qu’il n’est pas », note Sophie Nagiscarde, responsable des activités culturelles du Mémorial de la Shoah.

Le centre de documentation parisien propose par ailleurs, en contrepoint des 240 portraits d’Hitler, une autre exposition, au premier étage du Pavillon Populaire, à Montpellier : Regards sur les ghettos présente des clichés de propagande allemande et de photographes juifs dans des camps d’Europe orientale, de 1939 à 1944.

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