Montpellier: Un an après son lancement, le nanosatellite étudiant Robusta 1-B est en pleine forme

ESPACE Le Centre spatial universitaire de Montpellier, pionnier en matière de petits satellites en France, suit minute par minute la trajectoire de son petit engin...

Nicolas Bonzom

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Des étudiants suivent le trajet d'un nanosatellite à Montpellier.
Des étudiants suivent le trajet d'un nanosatellite à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Fabriqué par des étudiants de Montpellier, Robusta 1-B a été lancé il y a un an.
  • Il permet de mesurer la résistance de composants électroniques dans l'espace.
  • Son prédécesseur, pionnier du genre, a été lancé en 2012 dans l'espace.

Au Centre spatial universitaire (CSU) de Montpellier, on suit minute par minute la trajectoire et l’état de santé de Robusta 1-B, le dernier engin conçu par les étudiants de l’établissement. « Il passe au-dessus de nous le matin, et tard le soir », explique l’un d’eux, en pointant du doigt la multitude d’écrans qui recouvrent la salle de contrôle.

Un ancien étudiant suit le parcours d'un nanosatellite.
Un ancien étudiant suit le parcours d'un nanosatellite. - N. Bonzom / Maxele Presse

Robusta 1-B est un nanosatellite, construit de A à Z par les jeunes du CSU, l’établissement dédié aux métiers de l'espace de l’université de Montpellier. Lancé en 2017, c’était le deuxième engin de ce type à voir le jour dans la capitale héraultaise.

« Il y a un an, nous n’en menions pas large »

Le premier, pionnier du genre en France, Robusta 1-A, a été mis en orbite en 2012. « Il a eu une durée de vie de trois ans, avant de redescendre, et de fondre sur lui-même », indique une étudiante. Son successeur, Robusta 1-B, lui, est toujours en l’air, et mène des petites expériences destinées à mesurer la dégradation dans l’espace de composants électroniques, qui sont notamment utilisés dans les ordinateurs de bord.

Le petit cube a résisté sans vaciller à toutes les éruptions solaires. Pendant un an, la dégradation de ces composants a été enregistrée jour après jour par la station sol, et va maintenant être analysée par des chercheurs. « Lorsque nous avons lancé Robusta 1-B, nous n’en menions pas large, se souvient Laurent Dusseau, directeur du CSU. Beaucoup de nanosatellites meurent au bout de quelques semaines. Aujourd’hui, Robusta 1-B accomplit sa mission. Nous avions prévu un an de vol, et il est toujours là. »

« Nous travaillons avec les acteurs du spatial, nous avons les moyens du spatial »

Une centaine de petites mains ont soudé, codé, construit et suivi le petit cube qui s’est envolé dans l’espace. Parmi eux, il y a Laelien Rivière, étudiant en 1e année de Master en Ingénierie spatiale. « Ce type de projet nous permet d’être confrontés à la réalité, à tous les risques inhérents à la vie d’un satellite, note-t-il. Il y a des moments où l’on ne se sent forcément pas très bien, on se dit "Est-ce que ça va marcher ?". C’est du concret, nous travaillons avec les acteurs du spatial, nous avons les moyens du spatial. »

Deux étudiants fabriquent un nanosatellite.
Deux étudiants fabriquent un nanosatellite. - N. Bonzom / Maxele Presse

Portée par la fondation Van Allen, l’aventure dans l’espace des étudiants du CSU de Montpellier n’est pas près de s’arrêter de sitôt : trois autres nanosatellites sont en projet, l’un d’eux s’envolera avant la fin de l’année. Une aubaine, pour les étudiants montpelliérains. « Tous sont embauchés par l’industrie spatiale, se réjouit Laurent Dusseau. Et encore, on ne peut pas répondre à toutes les demandes des entreprises. »

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