Montpellier: Les squatteurs des anciennes archives seront fixés sur leur sort le 12 juillet

JUSTICE Ce jeudi, la justice examinait en appel le dossier du squat de Luttopia, aux Beaux-Arts de Montpellier...

Nicolas Bonzom

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Les anciennes archives départementales, squattées depuis 2016.
Les anciennes archives départementales, squattées depuis 2016. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis 2016, les anciennes archives départementales sont squattées.
  • Le collectif Luttopia y hébergerait 150 personnes, dont une trentaine d'enfants.
  • La ville de Montpellier souhaite que ces personnes soient délogées.

Depuis 2016, les anciennes archives départementales de l’Hérault sont squattées. Investi par le collectif Luttopia, ce vaste bâtiment des Beaux-Arts, abandonné en 2010 par le Conseil général, puis racheté par la commune en 2013, abriterait 150 personnes, dont 15 familles et une trentaine d’enfants, dans des chambres aménagées, avec des sanitaires.

Impossible alors, pour la mairie de Montpellier d’y acheminer ses archives. En juin 2017, la justice avait octroyé aux occupants un sursis de huit mois. Ce jeudi, les juges ont épluché à nouveau le dossier. Pour Anne-Sophie Datavera, l’avocate de la commune et de la SA3M, la société d’équipement de la métropole qui prévoit également de lancer en septembre les travaux d’un projet immobilier sur le squat, les juges doivent sans tarder se prononcer pour l’expulsion de ces squatteurs « rentrés par effraction ».

« Ce sont des occupants sans droit ni titre »

« Il y a urgence en raison du calendrier des travaux. Ce sont des occupants sans droit ni titre », confie la représentante de la municipalité, évoquant « un choix de vie » pour ceux qui demeurent dans ces anciennes archives depuis plusieurs mois. « Rien ne permet de démontrer que des recherches de logements sont faites », a-t-elle plaidé jeudi.

Pour Gwen Lasne, cofondatrice du collectif Luttopia, ceux qui vivent là « n’ont pas fait le choix délibéré de vivre dans un habitat alternatif, comme on peut le voir dans d’autres communautés. Ce sont des personnes qui ont subi la rue. » « Dans un monde idéal, il n’y aurait aucun squat, chacun pourrait avoir accès à un hébergement d’urgence. Malheureusement, nous ne vivons pas dans ce monde-là », a plaidé Nicolas Gallon, l’avocat du collectif, pointant le manque criant de toits pour les sans-abri dans l’Hérault.

« Une expulsion sèche aurait des conséquences graves »

« C’est ainsi que le collectif a pris l’initiative d’apporter une solution à ces personnes en leur offrant un lit, des repas, sans condition, indique le représentant du collectif Luttopia. Et un accompagnement social poussé. Aujourd’hui, certaines associations et les travailleurs sociaux orientent des personnes vers ce lieu. C’est un squat qui n’en est plus un. Une expulsion sèche aurait des conséquences extrêmement graves. »

L’avocat des occupants glisse au passage que les squatteurs n’ont jamais posé « aucune difficulté », et qu’il n’y a eu aucune plainte au commissariat, si ce n’est des courriers de voisins mécontents. Mais l’argument massue des défenseurs de Luttopia, c’est ce revirement de situation, le 4 avril dernier. Le maire Philippe Saurel (divers gauche) annonçait soudainement l’abandon du déménagement des archives vers les Beaux-Arts, et la construction d’un nouveau bâtiment, sur la Zac de la République.

« L’argument principal qui justifiait cette expulsion n’existe plus », confie Nicolas Gallon. « Il n’y a pas d’abandon du projet, mais une nécessité politique et économique de prendre ses responsabilités », a indiqué de son côté l’avocate de la commune. A la place, le maire a prévu d’ériger des « logements sociaux et abordables » aux anciennes archives. La nouvelle décision de la justice est attendue le 12 juillet prochain.