Montpellier: Adieu les camions polluants, la ville veut des livraisons 100% propres dans le centre-ville

ECOLOGIE Ville et métropole veulent privilégier les véhicules écologiques pour livrer les commerçants et les particuliers dans l'Ecusson...

Nicolas Bonzom

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Un véhicule propre de la Poste, à Antigone, à Montpellier (Illustration).
Un véhicule propre de la Poste, à Antigone, à Montpellier (Illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Montpellier veut exclure les véhicules polluants de son centre-ville.
  • Quelques exemples sont déjà en place : les facteurs font leur tournée en tramway et à vélo électrique, et une entreprise livre des colis avec des véhicules propres.

Chaque jour dans la métropole de Montpellier, pas moins de 44.000 mouvements de marchandises en tout genre sont réalisés, dont 26.000 pour la ville-centre.

Un dynamisme qui n’est pas sans poser quelques problèmes environnementaux, quand il s’agit de faire entrer des véhicules dans l’Écusson. Ville et métropole s’activent pour que les quartiers piétonniers ne soient plus sillonnés que par des engins propres.

Bouchons et pollution

C’est la logistique du « dernier kilomètre ». « Ces flux méritent d’être améliorés encore un peu plus, confie Jean-Pierre Rico (UDI), vice-président de la métropole chargé des transports et de la mobilité. Il faut apaiser le centre-ville, exclure les camionnettes et les camions de livraison, qui créent des bouchons, de la pollution et dégradent la voirie. »

A Montpellier, quelques initiatives ont déjà porté leurs fruits. Par exemple, les facteurs réalisent désormais leurs tournées en tramway et vélos à assistance électrique. Depuis deux ans, cette expérimentation a permis, selon l’élu, de diminuer fortement le bruit dans le centre-ville (40 décibels pour un vélo électrique, 65 pour un scooter), faire chuter les émissions de CO2 de 60 %, et le coût moyen au kilomètre pour la Poste de 50 %.

« Au lieu de deux camions à moitié vides, il vaut mieux un seul »

L’opérateur public espère mettre en place à Montpellier « un consortium pour d’autres entreprises, pour travailler à réduire le nombre de véhicules de livraison qui circulent en ville, explique Jean-Philippe Palacio, chef de projet à Geo Post. Au lieu de deux camions qui circulent à moitié vides à Montpellier, il vaut mieux qu’il n’y en ait plus qu’un seul. »

De jeunes entrepreneurs se lancent aussi dans la logistique du « dernier kilomètre ». En 2017, Christophe Caset-Carricaburu a lancé Services Ecusson Vert (SEV), qui propose des livraisons écologiques pour les commerçants, les artisans et les particuliers. Depuis novembre, l’entreprise a livré 100.000 colis, soit environ 400 clients chaque jour.

« Nous cherchons à nous développer, note l’entrepreneur. Bientôt, nous allons proposer des livraisons de courses en véhicules électriques avec Super U. » Reste à convaincre les livreurs de faire appel à des solutions vertes pour arroser l’Écusson. Pour l’instant, nombreux sont les vieux camions qui obstruent chaque matin le centre-ville…

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