Montpellier : Un an après, à quoi a servi le label I-Site décroché par l'université ?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Avec ses partenaires, l'établissement était labellisé I-Site en avril 2017. A la clé, une enveloppe d'environ 550 millions d'euros, à raison de 17 millions d'euros par an...

Nicolas Bonzom

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Dans le laboratoire Abivax, à Montpellier, au CNRS, partenaire du label I-Site attribué à l'université.
Dans le laboratoire Abivax, à Montpellier, au CNRS, partenaire du label I-Site attribué à l'université. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • L'université a décroché le label I-Site en avril 2017.
  • Il a permis de mettre en place de nombreux projets de recherche.
  • Selon son président, le label est indispensable pour l'image de l'université.

En avril 2017, l’université de Montpellier, fusion des facultés de droit, de sciences et de sport, décrochait l'I-Site, avec 18 partenaires. Un label que beaucoup ont vite qualifié de « Ligue 2 » de l’Idex, l’autre label que l’université n’a jamais pu obtenir de l’État, malgré des années de bataille acharnée. Un an après le couronnement de l’établissement, qu’a réellement apporté l’I-Site ? 20 Minutes a mis son nez dans les dossiers.

C’est quoi l’I-Site ? Ce label, décerné par l’État, vise à doter les universités lauréates d’une enveloppe destinée à mettre en place des projets : 550 millions d’euros pour l’université de Montpellier, à dépenser au compte-gouttes (17 millions d’euros par an).

« Si l’Idex vise à créer des universités complètes, qui embrassent tous les domaines de la formation et de la recherche, comme c’est le cas à la Sorbonne, à Bordeaux ou Aix-Marseille, détaille Philippe Augé, le président de l’université de Montpellier, l’I-Site a pour ambition de fonder des universités thématisées. » Montpellier a choisi trois piliers, particulièrement dynamiques sur son campus, pour mettre toutes ses chances de son côté : l’agriculture et l’agronomie, la biologie et la santé et la biodiversité et l’écologie.

Ni « ligue 1 », ni « ligue 2 » entre les deux labels donc, mais bien deux labels différents. Pour décrocher le pompon, l’université n’était pas toute seule : elle s’est entourée de 18 organismes, des structures de recherche, l’ICM (l’institut de recherche contre le cancer), les CHU de Montpellier et de Nîmes, l’école de chimie ou Montpellier Supagro. Après l’arrêt de Toulouse, c’est le seul label Idex ou I-Site en activité dans la région Occitanie.

Ça a servi à quoi ? Depuis un an, l’université et ses partenaires ont pu lancer toute une série de projets de recherche, particulièrement avec des problématiques qui touchent « les pays du Sud », qui n’auraient peut-être pas pu voir le jour sans ce label d’excellence, comme la lutte contre le virus Ebola, contre le moustique-tigre, les problèmes de nutrition, de préservation de la qualité de l’eau, ou la sauvegarde de la faune.

Parmi les autres projets retenus, la recherche et le développement de soins contre le paludisme, l’utilisation de l’impression 3D pour le traitement du cancer du sein, trouver des solutions utilisant l’infrarouge pour limiter les intrants phytosanitaires dans la viticulture. L’enveloppe a aussi permis depuis un an de favoriser la mobilité internationale des scientifiques, et le recrutement de 28 doctorants et de 13 post-doctorants.

Mais au-delà de l’aspect scientifique, il y a un enjeu de visibilité pour l’université : « Il y a le financement, mais 17 millions par an sur un budget de 400 millions, c’est relativement peu, confie Philippe Augé. L’intérêt, il est aussi sur l’image et le positionnement international de l’université, pour rester dans la première division des universités, dans l’élite. » Pour le président de Montpellier, il n’y a pas de doute : demain, les universités qui seront visibles sur l’échelle de la planète seront celles qui seront labellisées. « Le label a créé une véritable dynamique sur le campus », rajoute le président.

Et maintenant ? En mars 2019, deux ans après sa labellisation, l’université sera auditionnée par un jury, qui décidera si oui ou non l’établissement respecte ses engagements et est bel et bien digne de l’I-Site. Ensuite, elle rentrera probablement dans une nouvelle période probatoire de deux ans, au terme de laquelle un nouveau jury décidera définitivement si oui ou non le campus a les reins assez solides pour porter le label. « Mais nous ne lançons pas de projets pour plaire au jury, nous les lançons parce que nous savons qu’ils sont utiles, tout en s’assurant qu’ils sont cohérents avec ce que nous avons promis », assure François Pierrot, directeur exécutif de l’I-Site à l’université.