Airbnb, clientèle étrangère, boom en septembre... Pourquoi le tourisme change à Montpellier

ECONOMIE « 20 Minutes » fait le point sur les dossiers qui secouent le secteur du tourisme dans la métropole…

Nicolas Bonzom
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La plage, à la Grande-Motte, près de Montpellier.
La plage, à la Grande-Motte, près de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • A Montpellier, la clientèle étrangère est en hausse en 2017.
  • Le secteur du tourisme fait face à un nouveau phénomène : Airbnb.
  • Le mois de septembre est désormais presque aussi « fort » que juillet.

A Montpellier, et sur son littoral, la saison a déjà commencé. A la faveur d’une météo printanière, et de surprenantes températures, frôlant parfois les 30°C, le centre-ville est bondé, les plages se remplissent le week-end, et les marchands de glaces ont ouvert leurs étals. Airbnb, visites guidées, touristes étrangers… 20 Minutes en profite pour faire le point sur ce qui change le visage du tourisme dans la métropole de Montpellier.

Montpellier séduit les étrangers. Selon l’Insee, le nombre de nuitées réservées par des clients étrangers est en légère hausse dans la métropole de Montpellier, + 1 % en 2017, soit 361.585 chambres réservées dans les hôtels, contre 339.156 en 2016, et + 2 % sur la seule ville de Montpellier, soit 281.604 chambres réservées contre 274.846 en 2016.

Parmi les nationalités qui raffolent le plus des charmes de la capitale héraultaise, les Espagnols, en première position, de par sa proximité géographique, puis les Anglais, les Américains, les Allemands et, enfin, les Belges. Les Chinois, qui rentrent dans ce top 10 élaboré par l’Office de tourisme, visitent également de plus en plus Montpellier.

Une hausse de la clientèle étrangère due, en grande partie, à l’explosion du nombre de passagers à l’aéroport depuis quelques années : + 10,7 % en 2017, soit plus d’1,8 million de clients qui débarquent à Montpellier-Méditerranée, contre plus d’1,6 million en 2016.

Le boom d’Airbnb. Comme dans d’autres grandes villes, la plate-forme de réservation de chambre chez des particuliers a explosé ces dernières années à Montpellier : uniquement sur la ville, 550.000 nuitées ont été réservées chez Airbnb en 2017, un tiers de l’hébergement marchand, soit une hausse de 40 % par rapport à 2016.

Sur trois ans, la montée en puissance du site est impressionnante : en 2014, Airbnb représentait 90.000 nuitées à Montpellier. Et il ne s’agit que d’Airbnb : ces chiffres ne comprennent pas des sites comme Abritel ou le Bon coin, dont les touristes raffolent.


Un phénomène qui fait quelque peu trembler l’hôtellerie locale : selon l’Insee, le nombre de nuitées réservées à Montpellier est en hausse de 3 % en 2017 par rapport à 2016, mais selon une étude élaborée par le cabinet In Extenso, qui a enquêté sur les cas de 27 établissements issus d’un échantillon représentatif, les taux d’occupation des hôtels sont en baisse dans le haut de gamme (-3,9 %), en légère baisse dans l’économique (-1,9 %) et en chute dans le milieu de gamme, qui fuit vers les loueurs comme Airbnb (- 8,3 %).

« Evidemment, ces loueurs représentent un gain de prix pour les touristes, c’est 40 à 50 % moins cher. Mais malgré cette concurrence, l’hôtellerie résiste bien », relativise Jean-Luc Cousquer. Ce qui n’empêche pas la ville d’œuvrer à la mise en place de taxes pour Airbnb. « La volonté est affirmée, le processus enclenché, mais la réglementation reste compliquée, et change régulièrement », reprend le président de l’Office de tourisme.

Les visites guidées cartonnent. Cette année encore, les touristes ont plébiscité les visites guidées organisées par l’Office de tourisme de Montpellier : ces balades connaissent un essor de 10 % en 2017, soit 17.499 participants, contre 16.372 en 2016. Entre 2014 et 2017, le boom est de 40 %. Une hausse qui s’explique, notamment, par la volonté de la structure de tenter de dépoussiérer les visites guidées d’antan.

« Bien sûr, nous faisons découvrir le patrimoine, mais nous amenons aussi les visiteurs dans les rues commerçantes de l’Ecusson, à la découverte de saveurs ou d’odeurs, et nous leur permettons de pénétrer dans des lieux insolites, comme les quais du Verdanson, temple du street-art, les coulisses de l’aéroport, le centre de la Tam, ce qui a permis d’élargir considérablement la clientèle », note Jean-Luc Cousquer. A Montpellier, une cinquantaine de thématiques attirent les curieux, dont la visite de la faculté de médecine, « la plus demandée », note Fabrice Cavillon, directeur de l’Office de tourisme.


De nouvelles balades sont d’ailleurs dans les cartons. Autre facteur qui a largement boosté les visites guidées de Montpellier, « la gratuité pour les moins de 18 ans », qui représente une sacrée économie pour les parents qui veulent découvrir la ville.

Le mois de septembre séduit les touristes. C’est une tendance générale à laquelle Montpellier n’échappe pas : « Septembre est désormais un très gros mois pour le tourisme, la fréquentation touristique a explosé dans la métropole depuis cinq ans, indique Fabrice Cavillon. Avant, c’était plutôt le cas sur le mois de juin, mais les choses ont changé. Septembre est aujourd’hui presque aussi fort que juillet, c’est vous dire. Nous constatons notamment la présence forte d’une clientèle attirée par des événements ou des visites culturelles, mais aussi une forte clientèle qui vient de l’étranger. » Et puis, en septembre à Montpellier, il fait encore très, très beau. Et les paillotes sont toujours là.