VIDEO. Pourquoi Montpellier est l'une des capitales du jeu vidéo en France

JEUX VIDEO Autour d'Ubisoft, implanté depuis le début des années 1990, une multitude de studios indépendants se créent...

Nicolas Bonzom

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Un employé d'Ubisoft, dans le studio de Castelnau-le-Lez.
Un employé d'Ubisoft, dans le studio de Castelnau-le-Lez. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes
  • A Montpellier, sont nés « Rayman », « Les lapins crétins » ou la série des « 94 ».
  • Dans le sillage d'Ubisoft, de nombreux studios indépendants se créent.

Avec une soixantaine d’entreprises œuvrant dans le secteur, Montpellier est l’une des capitales du jeu vidéo en France. Ici, au début des années 1990, est né « Rayman », de l’imagination de Michel Ancel. « Les débuts, c’était chez moi, dans mon salon, ou dans ma cuisine, avant que l’on migre dans une villa aux Aubes », se souvient le créateur.

Puis il y a eu, chez Ubisoft, « Les lapins crétins », « Beyond good and evil », ou chez Scimob, la série des « 94 », qui a rendu accros des dizaines de millions de joueurs sur mobile. Mais pourquoi donc la capitale héraultaise brille-t-elle tant quand il s’agit de gaming ? 20 Minutes a posé la question à des professionnels du jeu vidéo à Montpellier.

« Ubisoft, le navire amiral »

Un nom revient, sans surprise : Ubisoft. La présence depuis bientôt trente ans à Castelnau-le-Lez de la star des studios français, née de la fusion de Tiwak et d’Ubisoft Pictures, crée un vivier ultra favorable pour la création de jeux vidéo. « C’est le navire amiral », souligne François Bertrand, le fondateur de la Moutarde, qui sortira dans quelques semaines « Old school musical » sur Switch. « L’entreprise recrute beaucoup, ce qui amène un besoin local fort, incite des écoles à ouvrir. Les écoles forment les nouveaux talents, qui font parfois le choix de monter leur propre studio. Cela explique le nombre important de studios indépendants. »

De nombreux créateurs sont « partis d’Ubisoft pour monter leurs propres créations », reprend le dessinateur Gaston, directeur de l’école E-Artsup à Montpellier, qui propose l’une des douze formations qui se sont « naturellement créées » pour former les nouveaux talents. C’est le cas de Yoan Fanise, qui a notamment œuvré sur « Beyond good and evil » ou « Soldats inconnus », qui a fondé Digixart. Son premier titre, le jeu musical « Lost in harmony », a séduit des millions de joueurs dans le monde. « Je n’ai aucun regret à avoir quitté Ubisoft, mais j’y retournerai avec plaisir, c’est une très belle compagnie, avec un esprit familial unique pour une entreprise de cette taille », confie-t-il.

Un écosystème favorable

Comme lui, à Montpellier, les studios indépendants se multiplient : Dragonslash, Feerik Games, ou Seele Games, font des merveilles. Certains ont même tapé dans l’œil d’Ubisoft : 1492 Studio, qui fait des ravages chez les jeunes femmes avec ses histoires d’amour interactives, a été racheté par le géant français au mois de février dernier.

Et puis il y a l’écosystème local, qui encourage la création de studios : les start-up sont hébergées au sein des pépinières réputées de la métropole, l’association Push Start les fédère, des laboratoires de recherche se penchent sur la question, et des événements, comme le Micc (Montpellier, Industrie culturelle et créative), font rayonner le secteur.

« Il y a tout pour réussir ici »

« Le potentiel de son écosystème pourrait faire de Montpellier la capitale du jeu vidéo du Sud de l’Europe », pense Laurent Michaud, de l’Idate, un think tank spécialisé dans l’économie numérique, qui invite les collectivités à aller plus loin, en mettant en place « un fonds d’aide à la création de jeux vidéo », déjà présent dans les Hauts-de-France.

Enfin, il y a le soleil. « C’est un critère qui me semble très important, confie Thibaud Zamora, fondateur de 1492 Studio. Nous n’avons pas besoin d’être à Paris, même si cela peut avoir des avantages, pour créer des jeux vidéo, la distribution se fait maintenant directement sur Internet et que l’on soit à Montpellier, Paris ou Los Angeles, nous pouvons tous mettre les jeux sur les stores. » « Le cadre de vie, le dynamisme culturel, la proximité des lieux naturels participent au bien-être des entrepreneurs et des employés », souligne Benjamin Dimanche, le cofondateur d’Homecoming Studio.

De quoi prévoir à la capitale héraultaise un horizon radieux dans le secteur du gaming. « L’avenir du jeu vidéo à Montpellier sera incroyable, on est à l’aube de quelque chose de très grand, il y a tout pour réussir ici », promet Yoan Fanise. Le pionnier du jeu vidéo Fred Markus, ancien de Nintendo, Ubisoft et Lucas Arts, qui dirige Feerik Games depuis 2015, y voit la « même chose que pendant la grande époque d’Infogrames à Lyon ».

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