Montpellier: Malgré l'occupation de l'université Paul-Valéry, les étudiants passent leurs examens

UNIVERSITE Certaines épreuves ont eu lieu en ligne, d'autres ont été délocalisées dans des établissements proposés par le rectorat...

Nicolas Bonzom

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Des barricades, à la faculté de lettres de Montpellier.
Des barricades, à la faculté de lettres de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis de longues semaines, l'université Paul-Valéry est occupée par des étudiants.
  • Malgré le blocage, les examens en ligne ou délocalisés ont pu avoir lieu.

Si l’occupation anti-loi Vidal de la faculté Paul-Valéry paralyse le campus montpelliérain depuis de longues semaines, elle n’aura pas empêché la tenue des examens. Malgré la protestation des partisans du blocage, des milliers d’étudiants ont pu passer leurs partiels du second semestre, a annoncé la direction de l’université de Lettres à 20 Minutes.

Depuis le 4 avril dernier, sur une plate-forme en ligne, ont eu lieu quelque 780 examens à distance. Un dispositif interrompu pendant cinq jours après la violente attaque, par un commando d’une trentaine d’individus cagoulés, des serveurs informatiques de la faculté.

Des examens « présentiels » jusqu’à ce vendredi soir

Enfin, jusqu’à ce vendredi soir, plusieurs milliers d’étudiants ont été convoqués à une vingtaine d’examens « présentiels ». « Ils ont lieu dans des établissements proposés par le rectorat, explique Marc Dedeire, vice-président de l’université Paul-Valéry, délégué à la professionnalisation. Ce sont des épreuves qui nécessitent de pratiquer, comme la musique ou les arts plastiques, et qui ne pouvaient pas se dérouler en ligne. »

En mai, suivra la session de rattrapage, « en grande majorité à distance », reprend le représentant de la faculté. « L’un de nos objectifs, dès le début du mouvement, c’était que les examens puissent avoir lieu. C’était absolument essentiel, pour permettre aux étudiants de se projeter sur leur avenir. » Pour les examens en ligne, malgré le blocage, l’université annonce que 75 à 85 % des étudiants, essentiellement de L2 et L3, ont rendu une copie, et près de 60 %, pour l’instant, pour les examens présentiels organisés dans des lycées. « C’est équivalent à une année normale », se félicite Marc Dedeire.

« C’est un véritable scandale »

Mercredi, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la demande de deux syndicats de suspendre les examens. « Ces examens, c’est un véritable scandale, la direction a fait le choix de mépriser ses étudiants, s’agace Fabien, étudiant et militant au Syndicat de combat universitaire (Scum). Il faut voir, par exemple, dans quelles conditions ces épreuves présentielles ont lieu : les étudiants ont été convoqués au dernier moment, pour passer des examens encadrés par une forte présence policière, à l’autre bout de la ville, dans des établissements qu’ils ne connaissent pas. »

Il y a quelques semaines déjà, les partisans de l’occupation de la faculté avaient pointé du doigt l’inégalité des étudiants face au numérique, et les problèmes techniques que les examens en ligne pouvaient engendrer. Sur la plate-forme dédiée, 15.000 à 16.000 étudiants de l’université Paul-Valéry ont rendu une copie électronique. Un « test grandeur nature » pour évaluer ce type de dispositif, pour la faculté, « même si nous avions investi depuis de longues années sur les études à distance », reprend le vice-président.

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