VIDEO. Violences à Montpellier : Une députée de la France Insoumise a-t-elle perturbé le travail des policiers ?

VIOLENCES La tentative de « médiation » de Muriel Ressiguier est directement mise en cause par le préfet. La députée répond à «20 Minutes»...

Nicolas Bonzom

— 

Muriel Ressiguier, députée de la France insoumise
Muriel Ressiguier, députée de la France insoumise — Jérôme Diesnis/Maxsele Presse
  • Samedi après-midi, des dégradations et des violences ont eu lieu à Montpellier.
  • A l'issue de la manifestation, 51 personnes ont été interpellées.
  • La députée Muriel Ressiguier est pointée du doigt pour avoir tenté une médiation avec les policiers. Un moment de « flottement » qui aurait entravé leur travail.

Samedi, 51 personnes étaient interpellées, en marge de la manifestation anti-gouvernement, qui a battu le pavé, sans autorisation, dans les rues de Montpellier. Des vitrines ont été brisées, des poubelles incendiées, et des heurts ont eu lieu entre 200 « casseurs » et des policiers, déployés en nombre (180).

Muriel Ressiguier, députée de la France insoumise de l'Hérault, est pointée du doigt pour avoir tenté une « médiation » avec la police, pour les convaincre de laisser passer le cortège, bloqué peu après son départ du Peyrou par un cordon de forces de l’ordre.

« Nous sommes allés échanger avec les forces de l’ordre »

« Avec un syndicaliste, nous sommes allés échanger avec les forces de l’ordre afin que la manifestation puisse se dérouler comme prévu, ou par un autre itinéraire. Nous avons reçu une réponse négative. Une partie des manifestants s’est alors dispersée, une autre s’est engagée vers l’Ecusson, en passant par l’Arc de Triomphe », écrivait dimanche dans un communiqué l’élue FI, qui condamne par ailleurs tous ces « actes violents ».

Sur des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit en effet Muriel Ressiguier discuter avec un policier, pour le convaincre de laisser le cortège passer. Pour le préfet, qui a tenu un point presse ce lundi après les violences survenues samedi, cet entretien aurait rendu les choses très compliquées, samedi : selon Pierre Pouëssel, cela a gêné la « manœuvre » visant à sécuriser le centre-ville, où ont eu lieu les dégradations.

« Un flottement »

« Les manifestations ont pu s’introduire dans l’Ecusson parce qu’il y a eu pendant quelques minutes un flottement lié à une discussion entre une élue et un commissaire de police », a expliqué le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, ce lundi après-midi.

« A ce moment-là, des manifestants ont réussi à rentrer dans la rue Foch. Qu’ils rentrent dans l’Ecusson, avec ses petites rues si caractéristiques, c’est tout ce que l’on voulait éviter. » Une « curieuse médiation au milieu des casseurs qui étaient en train de casser », a même précisé lundi le représentant de l’Etat, lors d'un point presse.

« Quand quelqu’un se présente avec une écharpe républicaine [c’était le cas de Muriel Ressiguier, samedi], nous respectons les élus de la République », a pour sa part réagi Jean-Michel Porez, directeur départemental de la sécurité publique de Montpellier. Le maire Philippe Saurel (divers gauche) s’est également plaint de l’attitude de l’élue.

Des commerçants, et des riverains, demandent « la démission » de l'élue, dans une pétition sur Internet qui rassemblait 285 signataires ce mardi matin.

« Il faut être sérieux ! »

« Il faut être sérieux, maintenant, s’agace Muriel Ressiguier, contactée ce lundi soir par 20 Minutes. Si le fait de parler deux minutes à un policier, cela brouille toute la stratégie de défense des forces de l’ordre, c’est qu’elle est curieusement faible. » La députée insoumise, qui évoque d’intolérables utilisations de gaz lacrymogènes de la part des policiers lors de la manifestation de samedi, condamne toutes les violences.

« Je suis allé parler à un policier, à partir du moment où l’on a compris qu’on n’allait pas pouvoir passer, on a compris que c’était fini, c’est tout. » Pour Muriel Ressiguier, qui assure avoir retiré ses troupes quand la police a empêché le cortège d’avancer, les manifestants sont passés « par l’Arc de Triomphe ». « Curieusement, à cet endroit, il n’y avait personne pour les arrêter », reprend la députée de la France insoumise.

>> A lire aussi : VIDEO. Montpellier : Ce que l’on sait des affrontements entre «casseurs» et policiers

>> A lire aussi : Montpellier : A l'université Paul-Valéry, l'intervention des policiers est imminente