VIDEO. Montpellier: Ce que l’on sait des affrontements entre «casseurs» et policiers

VIOLENCES Ce lundi, seulement deux personnes ont été jugées en comparution immédiate, sur les 51 interpellations qui ont eu lieu samedi, en marge de la manifestation…

Nicolas Bonzom

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Une vitrine brisée, samedi, lors de la manifestation anti-Macron à Montpellier.
Une vitrine brisée, samedi, lors de la manifestation anti-Macron à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Samedi, des violences ont éclaté à Montpellier, en marge d’une manifestation.
  • Des vitrines ont été brisées, des affrontements ont eu lieu avec les policiers.
  • Ce lundi, deux personnes ont été jugées en comparution immédiate.

Samedi, 51 personnes étaient embarquées par la police, dans des bus réquisitionnés pour l’occasion, et 44 d’entre elles étaient finalement placés en garde à vue, après les affrontements et les dégradations survenus lors de la manifestation anti-Macron.

Ce lundi, seulement deux ont été jugées en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Cette vague d’interpellations était-elle justifiée ? Que reprochait-on aux gardés à vue ? 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait, tandis que Montpellier porte encore les stigmates d’une journée de violences urbaines.

Comment se sont déroulées les interpellations ?

Depuis samedi, les associations dénoncent « la répression policière » dont aurait fait l’objet cette manifestation, qui, selon la préfecture, n’était pas officiellement déclarée. « Les manifestants […] ont été pris dans une nasse policière, avec tirs de lacrymogène, s’indigne la Ligue des droits de l’homme de l’Hérault. Les manifestants ont été pris en tenailles. […] Ces interpellations ont eu lieu alors que les manifestants étaient calmes et sans dégradations visibles aux alentours. »

« Un coup de com », pour sa représentante, l’avocat Sophie Mazas. Des arrestations « sans motif valable », pour le syndicat Solidaires. Selon Fabien Bon, porte-parole du Syndicat de combat universitaire, certaines personnes auraient été interpellées dans un petit supermarché, « alors qu’elles faisaient des courses. D’ailleurs, aucun lien n’a pu être établi entre ces personnes et les dégradations » constatées dans le centre-ville.

« Les forces de l’ordre ont suivi les 200 manifestants qui s’étaient montrés violents », répond Pierre Pouëssel, le préfet de l’Hérault. Jusqu’à la route de Mende, tout près du supermarché, où certains avaient fait une halte, note-t-il, tandis que le cortège rejoignait la faculté Paul-Valéry. « Il n’est pas question de nasse, il y avait des échappatoires, certains ont pu s’échapper, il n’y a eu qu’une cinquantaine d’interpellations, sur 200 individus, reprend Jean-Michel Porez, directeur départemental de la sécurité publique, le patron des policiers de Montpellier. Elles ont eu lieu de façon tout à fait normale. »

Comment se sont terminées les gardes à vues du week-end ?

Sur la cinquantaine de personnes interpellées samedi, 44 ont été placées en garde à vue, et 40 ont été libérées en début de soirée, dimanche. Ce lundi matin, à l’aube, deux autres ont pu quitter l’hôtel de police. Deux seulement ont été jugées devant le tribunal correctionnel de Montpellier, ce lundi après-midi : l’un a été condamné à trois mois de prison ferme, l’autre, qui a été placé sous contrôle judiciaire, a vu son procès reporter au 14 mai prochain.

Un grand écart entre les interpellés et les comparutions devant la justice dû, selon le préfet, à une absence de preuves matérielles suffisantes. « Les forces de l’ordre ont fait leur travail, en interpellant le maximum de personnes, sinon, personne n’aurait compris, a souligné Pierre Pouëssel ce lundi après-midi. Mais parmi ceux qui ont retrouvé la liberté, il y a des casiers judiciaires chargés, des professionnels de l’agitation, pas des étudiants, qui ont une certaine expérience des violences urbaines. […] Mais cela nous a tout de même permis d’étoffer notre connaissance du milieu anarchiste montpelliérain. »

Qui sont les « casseurs » ?

Samedi, des vitrines de commerces ont été brisées, taguées, bombardées de peinture, des poubelles incendiées. « Deux cents casseurs ont délibérément pris le parti d’agresser les forces de l’ordre, et d’attaquer des commerces, des banques, et des équipements urbains, souligne le préfet. Ils sont arrivés armés, avec des chariots transportant des pierres, des pétards et autres feux d’artifice. Cela dit, je distingue les “casseurs” des manifestants, qui, eux, voulaient exercer leur droit à manifester de façon pacifique. » Parmi les objets utilisés par les casseurs présumés, des « préservatifs remplis d’essence, qui permettent d’incendier rapidement des poubelles ».

« Les jeunes étaient cagoulés, équipés de vêtements noirs et d’un sac à dos, pour transporter des armes et se changer, reprend le chef de la police. C’est une technique utilisée ailleurs, c’est la première fois qu’on la voit aussi élaborée à Montpellier. On constate une certaine organisation, certains leaders sont là pour diriger la manœuvre. »

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