Pistes cyclables en pointillés, vols... Pourquoi le vélo n'est pas roi à Montpellier

TRANSPORTS « 20 Minutes » a interrogé des amoureux de la petite reine de l’association Vélocité, qui réagissent à la 9e place sur 11 des communes de plus de 200.000 habitants de Montpellier, au baromètre des villes cyclables…

Nicolas Bonzom

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Un vélo à Montpellier.
Un vélo à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Premier problème, à Montpellier, « l’incohérence » du réseau de pistes cyclables.
  • Pas assez de zones 30 et le vol de vélos freinent aussi la pratique du vélo.

Réalisé par la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fubicy), le baromètre des villes cyclables n’est pas tendre avec Montpellier. Ce classement des performances des communes de France en matière d’accès au vélo, qui a enregistré 113.000 contributions d’utilisateurs à 26 questions, place la capitale héraultaise en queue du peloton des villes de plus de 200.000 habitants, 9e sur 11.

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Des résultats « mauvais », estiment les animateurs de l’association montpelliéraine Vélocité, que 20 Minutes a rencontré. S’il y a, selon ces militants de la petite reine, des raisons de se réjouir (un beau soleil, des quartiers résidentiels plutôt praticables et sécurisés pour les cyclistes, ainsi que des services de location qui fonctionnent plutôt bien), Montpellier n’a pas la place qu’elle devrait avoir dans ce classement inédit. « Grâce à son climat, Montpellier pourrait être la capitale du vélo », s’insurgent-ils.

« A un moment ou un autre, le cycliste est toujours coincé quelque part »

Premier problème, « l’incohérence » du réseau de pistes cyclables. Peu de grands axes peuvent être parcourus en vélo sans danger, et de nombreux carrefours et ronds-points, même les plus récents, ne sont pas prévus pour les bicyclettes, affirme Vélocité. Et puis, il y a les « interruptions brutales de certaines pistes cyclables ». « L’enjeu, il n’est pas sur le centre-ville de Montpellier, où l’on peut globalement se déplacer à vélo, confie Daniel Frayssinet, mais les quartiers extérieurs, où il n’y a souvent aucune cohérence sur le réseau. A un moment ou un autre, le cycliste est toujours coincé quelque part. »

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A cela, s’ajoutent, reprend l’association, ces poubelles, voitures mal garées et autres arbres qui surgissent au beau milieu du chemin réservé des vélos. Et leur entretien.

Autre problème évoqué par Eric Boisseau, membre de Vélocité : le manque de « zone 30 ». « C’est une mesure simple, et qui ne nécessite pas d’investissement lourd, indique-t-il. Beaucoup nous disent qu’ils voudraient bien faire du vélo, mais qu’ils ont peur. Il y a entre la voiture et le vélo un différentiel de vitesse qui génère de l’insécurité pour le cycliste. A l’exception des grands axes, les zones à 30 km/h doivent être étendues. »

Les vols de vélo, un « véritable fléau »

Dernier obstacle à l’explosion de la pratique du vélo, selon ses défenseurs : les vols à répétition. Et il est vrai qu’à Montpellier, c’est un sport local. Rare sont les amoureux de la petite reine qui n’ont jamais eu la surprise de voir leur antivol arraché. « C’est un véritable fléau », s’indigne Daniel Frayssinet. Sur le baromètre de Fubicy, plus de 10 % des répondants ont indiqué avoir été victimes d’au moins un vol, souvent plusieurs.

Un vélo dont la roue avant a été volée: cette situation est malheureusement trop commune à Montpellier
Un vélo dont la roue avant a été volée: cette situation est malheureusement trop commune à Montpellier - Nicolas Bonzom / Maxele Presse

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A Montpellier, il y a environ 160 km de pistes cyclables, et une cinquantaine de stations de vélos en libre-service, pour quelque 2.000 bicyclettes sur l’ensemble de la métropole.

A la Gazette de Montpellier, en octobre dernier, Mylène Chardès (divers gauche), adjointe au maire déléguée aux déplacements, confiait que les pistes cyclables étaient à Montpellier « un vrai plat de nouilles sur la carte ! Il faut repenser le partage de l’espace, créer des zones de rencontres, des zones 30. Les projets de la ville ne sont pas de créer des pistes cyclables partout, parce que ça coûte trop cher et que techniquement, ça n’est pas possible. » L’élue montpelliéraine envisageait notamment de mettre en place des « zones de rencontres, des zones partagées », où le piéton et le cycliste sont prioritaires.