VIDEO. Montpellier: «J’ai cru qu’on allait mourir», raconte une naufragée de l’A9

TEMOIGNAGES Les centres d’accueil de Montpellier ont accueilli 450 naufragés de l’autoroute mais aussi d’autres personnes bloquées par la paralysie des voies et des transports en commun…

Jerome Diesnis

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Quatre centres d'accueil d'urgence ont été ouverts à Montpellier. Ils ont accueilli 450 naufragés de 'l'A9 mais pas seulement. Lancer le diaporama
Quatre centres d'accueil d'urgence ont été ouverts à Montpellier. Ils ont accueilli 450 naufragés de 'l'A9 mais pas seulement. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Alors que des milliers de personnes sont restées bloquées sur l’autoroute, 450 naufragés de l’A9 mais aussi de la SNCF ou des Montpelliérains bloqués sur leur lieu de travail ont pu trouver refuge dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’une des quatre structures d’accueil mises en place par la ville de Montpellier.

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Une issue heureuse pour ces personnes qui, pour certains, ont connu l’angoisse. Danièle et Henri Sobrier, partis d’Avignon pour rejoindre Narbonne, ont mis presque sept heures pour parcourir 100 km sur l’A9.

Danièle et Henri Sobrier ont vécu une journée en enfer avant de trouver le repos dans le centre d'accueil d'urgence ouvert dans la salle des rencontres de l'hôtel de ville de Montpellier
Danièle et Henri Sobrier ont vécu une journée en enfer avant de trouver le repos dans le centre d'accueil d'urgence ouvert dans la salle des rencontres de l'hôtel de ville de Montpellier - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Mais, en sortant de l’autoroute à Montpellier, ils n’étaient pas au bout de leurs galères. « On s’embourbait. On n’en pouvait plus. Rien n’avait été fait en ville. Aucun chasse-neige, aucun salage. On a fini par se garer et on s’est dit qu’on allait passer la nuit sur place. Mais, au bout de deux heures, même si mon mari allumait de temps en temps le moteur, on était gelé. Je suis sûr qu’on ne s’en serait pas sorti indemne si on était resté dans notre voiture. J’ai vraiment cru qu’on allait mourir. »

Ce couple de retraités est finalement arrivé par hasard à la mairie, l’un des quatre centres d’accueil mis en place par la ville. Cécile, elle, venait de Nîmes pour se rendre à Toulouse. Elle était sortie à Montpellier prendre des covoitureurs.

Elle n’a jamais pu reprendre sa route. « J’ai entendu à la radio qu’il y avait des centres d’accueil. J’ai été très agréablement surprise de l’accueil. Les gens sont sympas, on a eu à manger, des boissons chaudes. J’ai réussi à m’endormir. »

Vers une seconde nuit dans le centre d’urgence

Gilbert Makhlouf et Martine Devaux venaient de Béziers. Leur galère, ils l’ont connue sur l’autoroute A75. « On devait rejoindre Bourges, on a mis douze heures pour faire Montpellier – Béziers. Au niveau de l’embranchement avec l’A750, les forces de l’ordre nous ont demandé de nous diriger vers Montpellier sans plus d’explication. Mais en arrivant dans la ville, on a tourné pendant trois heures. Il n’y avait aucune indication. Tous les hôtels que l’on contactait étaient pleins. C’est notre fille qui nous a indiqué ce centre d’hébergement où on a été reçu de façon formidable. » Gilbert et Martine s’apprêtent à passer une seconde nuit dans la mairie.

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Ces « naufragés » n’étaient pas tous bloqués sur l’autoroute avant de rejoindre le centre d’urgence. Emilie est venue récupérer à la crèche son fils Enzo, âgé de 18 mois, avant d’être stoppée sur place et de ne pas pouvoir rejoindre le quartier des Sabines, à quelques centaines de mètres de là. « Ma voiture était bloquée, en poussette il était impossible d’avancer dans la neige. Je me suis résolue à dormir sur place. »

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L’histoire de Mario est, elle, improbable. Ce ressortissant italien venait de Grenoble quand son train a été arrêté en gare de Montpellier. « Il n’y avait aucun service de transport. On était coincé. La SNCF a demandé aux gens capables de le faire de rejoindre à pied la mairie. » 140 personnes sont finalement restées dans la gare et ont passé la nuit dans un TGV spécialement affrété.

Pas Mario et ses cinq compagnons d’infortune. « On nous a dit que c’était l’affaire de vingt minutes. Sauf que c’est la durée en temps normal. Là, on a mis plus d’une heure à marcher dans la neige avec nos valises. Ici, à la mairie, c’était parfait. Mais, dans la gare, il n’y avait aucune organisation. On attend que le transport en commun reprenne pour repartir. » Ce ne sera pas avant vendredi.