Montpellier: Bientôt des horaires adaptés aux étudiants aux Restos du cœur?

SOLIDARITE L’antenne héraultaise de l’association espère prochainement proposer des heures d’ouverture en dehors des heures de cours, afin d’accueillir les étudiants en précarité…

Nicolas Bonzom

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Distribution de produits de premiere necessite avec l'association des Restos du coeur dans un local aux Arenes a Toulouse.
Distribution de produits de premiere necessite avec l'association des Restos du coeur dans un local aux Arenes a Toulouse. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Dans l’Hérault, moins de 10 % des bénéficiaires sont étudiants.
  • Selon les Restos du cœur, cela n’est pas vraiment représentatif du nombre réel d’étudiants en situation de précarité dans le département.
  • L’association souhaite proposer bientôt des ouvertures en dehors des cours.

Dans l’Hérault, comme partout en France, la campagne des Restos du cœur a débuté il y a un peu plus d’une semaine. L’année dernière, les 1.302 bénévoles de l’association ont distribué plus de 2,6 millions de repas dans le département, pour 30.000 bénéficiaires. Et parmi eux, des étudiants qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

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Un peu moins de 10 % des bénéficiaires dans l’Hérault sont en études, la plupart à Montpellier. « Ce sont des jeunes qui, une fois qu’ils ont payé leur loyer ou leur chambre, s’ils n’ont pas d’aide familiale, se retrouvent dans une situation compliquée, et qui viennent nous voir pour recevoir une aide alimentaire », confie Geneviève Nguyen, la présidente des Restos du cœur dans l’Hérault.

Des ouvertures en dehors des heures de cours

Mais, comme l’indique la bénévole, la part des étudiants parmi les bénéficiaires ne représente pas vraiment le nombre réel d’étudiants en difficulté à Montpellier. Les horaires d’ouverture des centres de distribution alimentaires ne sont pas vraiment adaptés au train de vie d’un étudiant. « C’est un projet sur lequel nous travaillons activement, reprend Geneviève Nguyen. Nous espérons prochainement mettre en place des ouvertures de centres en dehors des heures de cours, en soirée ou le samedi par exemple. Mais cela implique de recruter de nouveaux bénévoles. »

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Selon Fabien Bon, porte-parole du Scum, le syndicat de combat universitaire de l’université de lettres, il y aurait en effet en réalité beaucoup, beaucoup d’étudiants en précarité, mais peu font la démarche de se faire aider par des associations. « Certains préfèrent sauter un repas, confie l’étudiant. Les besoins alimentaires sont souvent le premier poste de dépense sacrifié. Le logement, parfois sans chauffage ou insalubre, représente la moitié ou les trois-quarts du budget, puis les transports et les affaires de cours. Alors, on sacrifie l’alimentation. Moi le premier, je réduis mes courses. »

Un point de distribution sur le campus

Annie Yague, la vice-présidente du CCAS de Montpellier, le centre communal d’action sociale, espère également voir aboutir son projet de création d’un point de distribution alimentaire à l’université Paul-Valéry. « Beaucoup d’étudiants n’ont pas l’idée ou l’envie d’aller dans un centre, souvent parce qu’ils n’ont pas envie que l’on sache qu’ils sont en difficulté, souligne-t-elle. Ce projet serait créé dans le campus, géré par les étudiants. »

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Une action similaire existe déjà, le Solidaribus du Secours populaire, qui propose ponctuellement des colis alimentaires aux étudiants de l’université Paul-Valéry, histoire de tenir quelques jours. Une aide considérable pour de nombreux étudiants, mais qui ne disposent pas d’un local fixe, et n’assurent pas de distributions quotidiennes.