Montpellier: Le plus grand camp de Roms évacué, ses occupants relogés dans des bungalows

ROMS Le camp rom de Celleneuve sera fermé au printemps. Vingt-huit familles seront relogées dans des conditions plus décentes dans des bungalows vers le château de la Bionne...

Jerome Diesnis

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Un camp de roms (illustration).
Un camp de roms (illustration). — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

De la dignité pour ceux qui en sont souvent privés, un soulagement pour les riverains. Le camp de Celleneuve qui accueille environ 32 familles roms - entre 120 et 170 personnes - sera démantelé. Mais plutôt que d’expulser ses habitants, ville et préfecture ont choisi une solution plus douce.

Au printemps (le temps de mettre aux normes la structure d’accueil), 28 familles seront relogées dans des bungalows, financés par l’Etat, sur un terrain de 6.000 m2 appartenant à la ville, situé à la Bionne, au pied du château. « Il n’a jamais été envisagé d‘expulser de manière autoritaire les Roms », évoque le préfet Pierre Pouëssel.

Géré par une association

Le coût de l’opération s’élève à 360.000 euros par an pour la location des bungalows, auquel il faut ajouter 8.000 euros par an et par famille pour l’accompagnement social. Le coût du terrain et sa viabilisation par la Ville n’ont pas encore été chiffrés.

Sept familles proches de l’insertion, présentes actuellement dans le camp avec des conditions d’hygiène déplorables, pourraient rapidement bénéficier de logements sociaux.

Les pétitions des riverains

Le futur site sera géré par une association, à déterminer. « Notre objectif, est de permettre leur relogement, à l’aide d’un outil qui s’appelle le bail glissant, reprend le préfet. L’association qui a en charge une famille paiera dans un premier temps le loyer avant que la famille ne le règle directement au bailleur social. »

Cette association (qui bénéficiera de subventions de l’Etat) aura la gestion de l’ordre sur ce terrain dit de transition. Afin d’éviter les nuisances pour les riverains, moins nombreux qu’à Celleneuve mais pas pour autant absents. « Il ne s’agit pas à choisir entre blanc et noir, il faut quelques fois trancher entre gris perle et gris pâle, évoque le maire (DVG) Philippe Saurel. Je souhaite que l’association gère le site avec un maximum d’efficacité pour l’ensemble des riverains ».

Les autres camps pas concernés

Une pétition signée par 2.500 personnes a témoigné de l’exaspération des riverains de Celleneuve, incommodés par les fumées toxiques de plastiques ou de caoutchoucs brûlés, sous leurs fenêtres. Le camp a régulièrement fait l’objet de départs d’incendie ces derniers mois.

Ce choix d’accompagner les populations, salué par les associations sociales et caritatives, est effectué à titre d’expérimentation. Il n’a pas vocation à être étendu à l’ensemble des 800 à 900 Roms qui vivent actuellement dans la métropole. Notamment ceux de la Marbrerie, vers le Zénith Sud ou encore ceux du camp du Mas rouge (entre Odysseum et Port Marianne), qui fait également l’objet d’une procédure d’expulsion.