Montpellier: Contournement ouest, déviations... Ces routes «fantômes» promises depuis des années

TRAVAUX «20 Minutes» fait le point sur les projets retardés ou mis au placard, censés fluidifier le trafic...

Nicolas Bonzom

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Des embouteillages à Montpellier (illustration).
Des embouteillages à Montpellier (illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Autour de Montpellier, de nombreux projets de routes traînent.
  • Parmi eux, le contournement ouest ou la déviation de Baillargues/Saint-Brès.
  • « 20 Minutes » a choisi quatre projets emblématiques qui tardent à voir le jour.

On aurait presque l’impression qu’autour de Montpellier, on est sans cesse en travaux. Que les automobilistes épuisés par les chantiers à répétition se rassurent, cela pourrait être pire. En effet, le territoire regorge de projets de routes inachevés, retardés ou mis au placard. Pour certains, les responsables politiques qui se sont succédés les avaient pourtant promis. 20 Minutes fait le point sur quatre de ces « routes fantômes ».

Le contournement ouest. En septembre 2016, tandis que débutait la concertation publique sur sa faisabilité, le contournement ouest de Montpellier refaisait surface, vingt ans après que les premières discussions aient évoqué le projet. L’objectif : relier les autoroutes A750 et l’ancienne A9, devenue l’A709. Une route qui permettrait de désengorger le trafic routier à l’ouest de la métropole, qui est totalement saturé.

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« Entre l’échangeur de la Mosson et le giratoire de Rieucoulon, le trafic par jour moyen de semaine est de l’ordre de 19.000 à 25.000 véhicules par jour, explique le site web de la concertation. Entre ce même giratoire et le carrefour du Mas de Grille qui se trouve plus au sud, le trafic double quasiment avec 37.000 véhicules. » Alors, où en est-on ?

Le rond-point du Rieucoulon, à Saint-Jean-de-Védas.
Le rond-point du Rieucoulon, à Saint-Jean-de-Védas. - N. Bonzom / Maxele Presse

La Direction de l’aménagement explique que 83 % des personnes qui ont pris position lors de cette consultation publique se sont dites favorables au projet de contournement. Prochaine étape : la poursuite des études, afin d’affiner les caractéristiques géométriques du projet et ses impacts, et en 2019, l’enquête préalable à la Déclaration d’utilité publique (DUP). On pourra ensuite passer aux travaux, inscrits dans le contrat État-Région 2015/2020 signé il y a deux ans. Coût prévisionnel : 230 millions d’euros.

En rose, le projet de Contournement Ouest de Montpellier.
En rose, le projet de Contournement Ouest de Montpellier. - DREAL

La déviation Baillargues/Saint-Brès. Ces deux communes de l’est de la métropole de Montpellier attendent leur route depuis plus de sept ans. Elle aussi est inscrite au contrat de plan État-Région. Les Baillarguois le savent : chaque jour, et particulièrement aux heures de pointe, traverser cette ville, dont l’axe central est totalement paralysé par des embouteillages, est un véritable enfer : 15.000 voitures s’y retrouvent quotidiennement.

Dans une pétition publiée il y a trois ans pour le financement d’une déviation, l’association d’habitants Baillargues Expressions expliquait que la route était « saturée tous les matins et tous les soirs sur plusieurs kilomètres et durant plusieurs heures, ce qui induit des temps de parcours augmentés de 15 à 30 minutes pour les habitants ». Par ailleurs, « pour éviter cet embouteillage, de très nombreux automobilistes empruntent des chemins de traverse dans le village, souvent à des vitesses élevées, créant un risque important pour la population, notamment aux heures d’entrée et de sortie scolaire ».

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La déviation de Castries. La commune connaît exactement le même problème que Baillargues : aux heures de pointe, la route qui traverse le village est bondée. Chaque jour, environ 17.500 automobilistes y passent pour rejoindre les agglomérations de Montpellier et de Nîmes, en passant par Sommières. Évoquée pour la première fois il y a dix ans, le projet a pris du retard, d’abord en raison de la présence d’une libellule protégée, l’agrion bleuissant, qui venait s’abreuver dans le coin. Puis faute de financements.

Mais aujourd’hui, la route semble en bon chemin : « Nous avons débuté les travaux », explique Philippe Saurel (divers gauche), le maire de Montpellier et président de la métropole, qui a récupéré le projet, initié par le département, dans le cadre du transfert de compétences. « Il y en a pour an. Dans un an, la déviation sera réalisée. »

Objectif de cette nouvelle route de 4 km, qui sera mise en service, si tout va bien, en septembre 2018 : réduire les nuisances générées par le trafic de transit, et surtout assurer une meilleure sécurité dans le centre de Castries. En effet, « le trafic de transit [qui traverse la commune] n’est pas adapté à une voie qui présente des carrefours à feux tricolores et des passages piétons ». Coût prévisionnel : 13 millions d’euros.

La déviation Castelnau-le-Lez/A709. Peu médiatisé, le projet est pourtant bel et bien dans les cartons depuis 2007. Et depuis la concertation publique, qui a eu lieu en 2012, l’opération cale. Son objectif : relier la commune de Castelnau-le-Lez à l’autoroute.

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« Il faut que nous délibérions sur un trajet », indiquait Philippe Saurel, le 9 octobre dernier. Et cela devra passer par une discussion avec la mairie de Saint-Aunès, le projet passant sur sa commune. Le département de l’Hérault, de son côté, chargé de la construction de la déviation de Castelnau-le-Lez, attend que la métropole de Montpellier se décide : « Nous attendons votre réponse pour continuer, indiquait le 16 octobre Kléber Mesquida (PS), son président, lors d’une séance plénière. Nous ne continuerons [les études] que lorsque vous aurez délibéré sur les deux tracés proposés. Nous avons gardé la maîtrise d’ouvrage sur ce projet pour être sûr qu’il se concrétise rapidement. »

Les relations extrêmement tendues entre les deux collectivités risquent-elles de mettre sous la pile ce projet, pourtant très attendu par de nombreux habitants de l’est de la métropole, à Castelnau-le-Lez ou au Crès, qui empruntent l’autoroute chaque jour ?

Et les autres ? Les routes « fantômes » autour de Montpellier sont nombreuses. Du côté du département, il y a le « Lien » de Saint-Gély-du-Fesc à Bel-Air, évoqué depuis le début des années 1990, et la route départementale 26 entre Mauguio et Baillargues. Sur ces deux points, le département de l’Hérault n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Du côté de celles qui ont été transférées à la métropole ces derniers mois, il y a le « barreau » entre la route départementale 65 et le « Lien » à Vendargues, évoqué pour la première fois en 2004, le « Licom » à l’ouest, en projet depuis 2003, dont la DUP est caduque depuis cette année, la route départementale 66, qui doit desservir l’Arena, discutée depuis 2008 ou la déviation nord de Lattes, dans les placards depuis 2007.

« On a récupéré des projets qui sont en stand-by depuis très longtemps […] Nous avons pris la compétence [du département] il y a trois mois, donc il faut raison garder », indique Philippe Saurel, qui précise que la métropole de Montpellier va s’y « atteler ».