VIDÉO. Montpellier: De «perchwoman» à «Luna», Elsa Diringer grimpe les marches du septième art

CINEMA Son film est nommé en compétition officielle au Cinemed, qui débute ce vendredi...

Nicolas Bonzom

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Elsa Diringer
Elsa Diringer — Thorsten Greve
  • Elsa Diringer a réalisé « Luna », nommé au festival Cinemed.
  • Elle fut « perchwoman » et a mis en scène de nombreux courts-métrages.
  • Adolescente, elle ne se destinait pas vraiment au métier de réalisatrice…

Adolescente, Elsa Diringer se repassait en boucle les VHS de Terminator ou de Rocky IV. Mais jamais, cette ancienne élève du lycée Joffre à Montpellier ne s’est imaginée derrière une caméra. Pourtant c’est bien là que la vie l’a menée : la Montpelliéraine de 35 ans a bouclé son premier long-métrage, Luna, qui sortira dans les salles le 21 mars.

Et cerise sur le gâteau, son film, qui raconte une histoire d’amour ambiguë entre deux adolescents, est en compétition au Cinemed, qui débute ce vendredi à Montpellier.

Extrait du film Luna
Extrait du film Luna - Agat Films

« J’ai trouvé que les gens étaient heureux »

« Jeune, j’avais des envies de théâtre, d’écrire des pièces, j’aimais raconter des histoires, mais le cinéma ne m’a jamais vraiment traversé l’esprit, je l’imaginais trop inaccessible », note la cinéaste, qui a tourné Luna durant l’été 2016, à Montpellier, Lunel, Saussan, Mauguio ou encore Saint-Mathieu-de-Tréviers. « Mais quand j’étais en prépa littéraire à Paris, un technicien de cinéma m’a amené sur un plateau de tournage… Ce fut un véritable déclic pour moi. J’ai trouvé que les gens étaient heureux… »

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Elsa Diringer bifurque alors sur des études de septième art à l’université Paris-XIII et multiplie les expériences. « Perchwoman » chez Nicolas Garcia ou Alain Resnais, l’Héraultaise, originaire d’Alsace, réalise au sein du collectif Tribudom plusieurs courts-métrages auprès des habitants des quartiers populaires du nord-est parisien.

« On avait peu de budget »

C’est à Dieu qu’il faut le dire, court-métrage sorti en 2010, la révèle : en filmant Kumba, une jeune mère ivoirienne vivant seule avec ses deux enfants, la réalisatrice décroche un prix du jury au Colcoa, en 2012, un festival qui met à l’honneur le cinéma français à Hollywood. « On avait peu de budget, peu de matériel, c’était un peu bricolé. Mais la qualité d’un film ne se juge pas à la quantité de lampes qu’on allume », reprend-elle.

L’idée de Luna arrivera plusieurs années plus tard, inspirée par « les souvenirs d’une amie d’enfance ». Accompagné par Languedoc-Roussillon Cinéma et financé par la région Occitanie, son projet prend vie dans la ville qui l’a adoptée. « Je n’étais pas totalement rassurée avant que l’on trouve l’actrice principale. Et on l’a trouvée. »

Extrait du film Luna
Extrait du film Luna - Agat Films
Le tournage du film Luna dans l'Hérault
Le tournage du film Luna dans l'Hérault - Languedoc-Roussillon Cinéma

C’est Laëtitia Clément, 18 ans, repérée dans son lycée Saint-Vincent-de-Paul à Nîmes, qui lui a tapé dans l’œil. « On s’est tout de suite très bien entendues, le feeling est passé tout de suite, confie la jeune comédienne, dont c’est la toute première expérience devant la caméra. Elsa m’a très bien guidée. On a tissé un lien très fort entre nous durant tout le tournage. C’est quelqu’un de formidable. » « Quand je prends un peu de recul, je n’y crois pas vraiment, sourit Elsa Diringer. Faire du cinéma… Jamais je l’aurais cru. »

« Luna » est à découvrir les 25 octobre (16 h) et 27 octobre (21 h) au Corum.