Villes du futur : A quoi ressemblera Montpellier en 2050 ?

#2050 A l'occasion des Journées nationales de l'architecture les 13, 14 et 15 octobre, « 20 Minutes » a décidé de se projeter en 2050. Entre science-fiction et perspectives réalistes, à quoi ressembleront nos villes dans 33 ans ?... 

Nicolas Bonzom

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Le Lez, à Montpellier.
Le Lez, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Des architectes du coin évoquent le futur de la capitale héraultaise.
  • En 2050, la nature aura-t-elle toujours sa place ?
  • Et qu’adviendra-t-il du centre-ville ?

Poussée par une démographie ultra-galopante, Montpellier grossit à vue d’œil : il y a 35 ans, Antigone n’était un ancien immense terrain militaire à l’abandon, il y a 25 ans, Port-Marianne n’était pas le quartier hype qu’il est aujourd’hui et il y a 10 ans à peine, les Grisettes, Ovalie ou encore la Lironde n’existaient pas. Et en 2050 alors ?

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A l’occasion des Journées nationales de l’architecture, 20 Minutes s’est demandé à quoi pourrait bien ressembler la capitale héraultaise dans plus de 30 ans. La nature aura-t-elle notamment toujours sa place ? Des architectes du coin sortent leurs boules de cristal.

« La ville a chassé la nature »

Luc Antoine lui, craint pour la verdure. L’architecte montpelliérain, qui organise des balades « feng shui » dans le centre-ville, ne voit pas d’un très bon œil la suppression annoncée sur le long terme des coins de verdure. « Je ne suis pas très optimiste, confie-t-il. Il reste encore assez peu d’arbres à Montpellier, à part sur l’esplanade ou au jardin des plantes… Le Lez, c’était un véritable atout. Mais il a été canalisé et bétonné, les arbres ont été plantés en ligne. La ville a chassé peu à peu la nature. Depuis des années, on grappille les terrains qui subsistent. » Et en 2050, cela pourrait-il être pire ?

La petite cascade du Lez, à Montpellier.
La petite cascade du Lez, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Le Lez, qui traverse Montpellier, sera-t-il autant préservé à l'horizon 2050 ?

Antoine Garcia-Diaz de son côté, garde espoir. « Les grands paysages seront toujours là », dit le Montpelliérain, dont l’atelier d’architectes, d’urbanistes, et de paysagistes a conçu quelques infrastructures phares de la ville, comme le pôle d’échange du Corum.

« On va continuer à construire, mais avec des espaces végétalisés »

Le Scot, le Schéma de cohérence territoriale, doit notamment être l’un des garants de cet équilibre, souligne-t-il. Et sa révision, pilotée en ce moment même par la métropole, semble vouloir déterminer « des espaces agricoles et naturels à protéger ».

Mais voilà, il faudra bien loger les nouveaux habitants… « On remplira les petits interstices qu’il reste, en ville ou dans villages. En ayant un peu d’imagination », confie-t-il. « Montpellier est touché par des épisodes cévenols, préserver la nature, moins imperméabiliser les sols, ce sera forcément une priorité, souligne Prescillia Homand-Troudard, architecte formée à l’école de Montpellier. D’ici 2050, on va continuer à construire, plus d’habitats collectifs, notamment, mais avec des espaces végétalisés. »

Le quartier Cambacérès à Montpellier.
Le quartier Cambacérès à Montpellier. - Métropole de Montpellier

A Montpellier, le futur quartier Cambacérès, parti pour plusieurs décennies de construction, intègrera notamment un grand « Central Park » et des arbres ici et là.

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« Des espaces plus intimes »

De son côté, l’architecte héraultais Olivier Pradié pense que la tendance conduira Montpellier en 2050 à une « muséification du centre ancien et une gentrification des quartiers populaires ». Autrement dit, une désertion de l’Ecusson, qui perdrait son côté « vivant », qui ne serait plus qu’un lieu de passage ponctuel. Et la migration de Montpelliérains plus aisés vers des quartiers jusqu’ici assez populaires…

Pour Luc Antoine, notamment, on ne « flâne pas assez sur la Comédie ». « On la traverse, on s’y donne rendez-vous pour aller ailleurs, on n’y reste pas, souligne-t-il. Je vois davantage d’espaces intimes, structurer la place pour que l’on puisse y rester. »

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Il y a une autre image sur la boule de cristal des architectes du coin : la mer Méditerranée. Pour la plupart d’entre eux, le rêve déchu de Georges Frêche, l'ancien maire de la ville, sera bel et bien réalisé à l’horizon 2050 : Montpellier aura rejoint la mer, avec la naissance de tout un tas de projets commerciaux ou immobiliers.