Montpellier: Refoulée aux portes de son master II, une étudiante «sans-fac» voit son rêve se briser

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR Tandis qu’une assemblée générale a lieu ce jeudi matin à l’université Paul-Valéry, «20 Minutes» a rencontré une «victime» de la sélection à la faculté…

Nicolas Bonzom

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L'étudiante a été refusée en master II de psychologie.
L'étudiante a été refusée en master II de psychologie. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • L’université Paul-Valéry fait face à des problèmes de possibilité d’accueil.
  • En master, certains se voient refuser l’accès à l’échelon supérieur.
  • C’est le cas de l’étudiante que nous avons rencontrée.

Chloé* raconte avoir passé « l’été à pleurer ». Cette étudiante de 23 ans, qui a entamé il y a cinq ans un cursus de psychologie à l’université Paul-Valéry de Montpellier, s’est vue refuser l’accès à un master II. Malgré la mention « bien » décrochée avec son master I il y a un peu plus de deux mois, elle n’a finalement pas été sélectionnée parmi la trentaine de futurs praticiens qui sont passés à l’échelon supérieur en cette rentrée…

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Et sans son Bac + 5, la jeune femme, qui remue ciel et terre pour faire bouger les choses, peut dire au revoir à son rêve le plus cher : devenir psychologue clinicienne.

« J’ai honte parfois »

« Je me suis demandé durant tout l’été ce que j’allais bien pouvoir faire de ma vie, soupire cette "sans-fac", qui préfère garder l’anonymat. J’ai ma place, et on me la refuse. J’ai tout donné, j’ai tout fait bien, j’ai les valeurs pour faire ce métier… C’est injuste. »

Pas de chance pour cette étudiante, qui patiente aujourd’hui sur une liste d’attente : elle n’a pas pu bénéficier de la réforme voulue par le gouvernement, qui devrait donner plus de droits aux étudiants en master I. « Rien n’a été prévu pour nous, les étudiants entre
l’ancienne et la nouvelle réforme, ce qui est anormal », s’exaspère-t-elle.

Malgré son refus en master II, la jeune femme assiste aux cours, en se faisant toute petite, « au cas où la situation se débloque à un moment ou à un autre ». « Je vais aux cours la boule au ventre. En espérant que l’on ne me fiche pas à la porte. J’ai honte parfois. » Aujourd’hui, la Montpelliéraine a un avocat, espérant qu’une décision de justice lui soit favorable et lui permette de reprendre le cours normal de la formation.

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Une assemblée générale ce jeudi

Chloé est loin d’être seule dans ce cas. Selon des chiffres communiqués par le Syndicat de combat universitaire (Scum), 875 étudiants titulaires d’un master I à l’université de lettres (au 15 septembre) n’ont pas pu continuer dans le master II correspondant.

Et ce sont 1.125 étudiants titulaires d’une licence qui se sont vus refuser l’accès à une première année de master. Inadmissible pour le syndicat, qui organise ce jeudi (9h15) une assemblée générale dans l’amphithéâtre A de Paul-Valéry.

Des problèmes de possibilités d’accueil et d’employabilité

De son côté, la direction de l’université, contactée par 20 Minutes, confirme ces chiffres, en rappelant toutefois qu’un étudiant peut déposer plusieurs dossiers : « Une candidature refusée n’est donc pas équivalente à un étudiant sans master. »

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L’université, qui accueille de plus en plus d’étudiants chaque année (près de 500 en cette rentrée) assure qu’il n’y a pas « de capacités d’accueil en licence et en master », mais qu’une réalité s’impose : « Faire coïncider les capacités d’accueil avec les possibilités d’accueil physique et d’encadrement pédagogique, afin de ne pas mettre en péril la qualité des enseignements ». Pour les masters, « l’employabilité des diplômés » est aussi rentrée en compte. Pour résumer, il y aurait beaucoup, beaucoup trop de candidats à certains diplômes, pour des secteurs qui n'offrent que trop peu de débouchés.

L’université « s’efforce de trouver les meilleures solutions pour chacun », assure-t-elle. Sur son campus, la mobilisation des « sans-fac », elle, ne cesse de s’intensifier…

* Le prénom a été modifié.