Terrorisme: La filière djihadiste a envoyé une vingtaine de Nîmois en Syrie entre 2010 et 2014

JUSTICE Cinq Nîmois comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont soupçonnés d’avoir créé un réseau de recrutement et pour certains d’avoir planifié des attentats en France…

Jerome Diesnis

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Illustration de la façade du tribunal correctionnel de Paris.
Illustration de la façade du tribunal correctionnel de Paris. — LOIC VENANCE / AFP
  • Cinq membres de la filière de Nîmes comparaissent jusqu’à la fin de la semaine au tribunal correctionnel de Paris.
  • Les juges vont tenter de déterminer si les djihadistes envisageaient de mener des actions terroristes sur le sol français.
  • Ils risquent jusqu’à dix ans de réclusion.

Cinq Nîmois sont jugés depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs terroriste. Quatre d’entre eux sont accusés d’avoir monté une filière d’acheminement de combattants djihadistes vers la Syrie, la cinquième personne est soupçonnée d’avoir envoyé de l’argent à ses frères sur place. Elle est poursuivie pour financement d’une entreprise terroriste.

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Au total, ce sont une vingtaine de personnes issues des quartiers de Pissevin, Valdegour et du mas de Mingue, qui se seraient rendues sur place pour combattre le régime de Bachar El-Assad via cette filière, certains avec femmes et enfants, entre 2010 et 2014. Certains y sont décédés, comme Axel Baeza. La majeure partie s’est évaporée. Les quatre hommes qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris ont été arrêtés à Nîmes pour deux d’entre eux, à Toulouse et le quatrième en Turquie.

« Mon client n’a jamais voulu faire du mal à une seule personne sur le territoire Français. »

Si leur présence en Syrie ne fait aucun doute, les juges vont tenter de déterminer si la filière de Nîmes était bien un réseau de de recrutement pour le djihad ou des amis d’enfance partis faire le djihad les uns après les autres.

L’autre question au cœur du procès concerne leur volonté de commettre un attentat sur le sol français. « Ce n’était absolument pas le dessein de ce réseau. Ce groupe a réagi à une situation qu’il jugeait anormale vis-à-vis du peuple syrien, se défend Khadija Aoudia, l’avocate de l’un des prévenus. Mon client n’a jamais voulu commettre un attentat en France et de faire du mal à une seule personne sur le territoire Français. »

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Les enquêteurs disposeraient néanmoins d’enregistrements de conversation tendant à prouver le contraire pour certains d’entre eux. Ces pièces seront examinées lors du procès dont le verdict est attendu pour vendredi. Les prévenus risquent jusqu’à dix ans de réclusion criminelle.