Résultats législatives: En Languedoc-Roussillon, les partis traditionnels emportés par la vague LREM

ELECTIONS Le mouvement d’Emmanuel Macron est le grand gagnant du premier tour en Languedoc-Roussillon où le FN poursuit son implantation. Socialistes et Républicains explosent…

Jérôme Diesnis

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Coralie Dubost, référente de La République en marche dans l'Hérault, est en ballottage très favorable dans la 3e circonscription
Coralie Dubost, référente de La République en marche dans l'Hérault, est en ballottage très favorable dans la 3e circonscription — C. D.
  • La République en marche peut réussir le grand chelem dans le Languedoc-Roussillon, où elle place ses 23 candidats au second tour, dont 19 en tête.
  • Le Front national poursuit son implantation avec 19 candidats au second tour. Mais seule Emmanuelle Ménard à Béziers semble en capacité de siéger à l’Assemblée nationale.
  • Le Parti socialiste et Les Républicains explosent et ne sauvent chacun qu’un candidat au second tour, sur l'ensemble des 23 circonscriptions.

Le premier tour des élections législatives fait l’effet d’un raz-de-marée en Languedoc et en Roussillon. Le second tour opposera 19 duels entre candidats de La République en marche et du Front national, la totalité des candidats de la majorité présidentielle étant en mesure de s’imposer au prochain tour dimanche. Mais avec une abstention à plus de 50 %, les abstentionnistes forment le premier parti local. Décryptage.

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LREM peut prétendre au grand chelem. Ils seront présents au 2e tour dans toutes les circonscriptions de l’Hérault. La République en marche d’Emmanuel Macron réussit en Languedoc et en Roussillon le même raz-de-marée que dans le reste de la France. Les candidats de la majorité présidentielle se hissent au 2e tour dans l’intégralité des 23 circonscriptions. Et à 19 reprises, ils basculent en tête.

Compte tenu de la réserve des voix dont ils disposent, les candidats se posent en favori partout au second tour, sauf peut-être en Lozère où le duel avec le sortant des Républicains s’annonce serré.

Le Front national ne profite pas complètement de l’effet Marine Le Pen. Le FN réalise une performance historique avec 19 candidats au second tour. Il confirme son implantation dans la région. Mais après les régionales et surtout la présidentielle où Marine Le Pen avait réalisé de très gros scores, la victoire du FN n’est que partielle.

Très peu de candidats sont en mesure de rafler un siège, à moins d’un sursaut des abstentionnistes. Y compris lorsqu’ils arrivent en tête, comme Louis Aliot dans les Pyrénées-Orientales et Gilbert Collard dans le Gard. L’avocat risque de perdre son siège de député. Seule Emmanuelle Ménard, la femme du maire de Béziers, peut s’imposer, dans la sixième circonscription.

L’explosion du Parti socialiste. Cinq ans plus tôt, le parti de la rose était le grand vainqueur des législatives. C’est cette fois la Bérézina. Tous les sortants ont été balayés, à l’exception de Patrick Vignal dans la neuvième circonscription de l’Hérault (Lunel)… passé depuis sous la bannière de La République en marche.

Première force politique historique du Languedoc, le Parti socialiste encaisse une seconde déflagration après le revers d’Emmanuel Hamon à la présidentielle. Un seul candidat se hisse au second tour : André Viola, en ballottage très défavorable dans l’Aude (Castelnaudary).

Les Républicains ont disparu. Les Républicains sont les autres grands perdants du scrutin en Languedoc et Roussillon. Partout, les candidats de la droite traditionnelle essuient d’importants revers. Seul le Lozérien Pierre Morel-A-L’huissier se glisse au second tour. Mais avec 30,91 % des voix, il devra se battre pour conserver son siège de député.

Ailleurs, les secousses de la défaite de François Fillon à la présidentielle se sont faits ressentir. Y compris à Béziers où Elie Aboud, député sortant de la sixième circonscription de l’Hérault, est éliminé.

La France insoumise deuxième force politique à Montpellier. Deux candidats du parti de Jean-Luc Mélenchon se qualifient pour le second tour à Montpellier. Stéphane Vidal, dont les chances de victoire sont infimes, et Muriel Ressiguier, porte-parole locale de la France insoumise et ex-candidate du Front de gauche à la mairie en 2014. En ballottage défavorable, elle peut quand même rêver d’une victoire dans la deuxième circonscription.

Dans la ville même de Montpellier, tous les candidats se situent entre 19,96 % (Julien Colet dans la 1re circonscription) et 14,68 % (Vidal). La France insoumise se positionne comme la seconde force politique dans la préfecture de l’Hérault. Mais les scores sont restés très loin de ceux réalisés par Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle. Il y avait triomphé avec 31,46 % des suffrages exprimés.