VIDEO. Montpellier : Trois ans après sa disparition, une statue pour Manitas de Plata

HOMMAGE « 20 Minutes » a rencontré jeudi ses proches et ceux qui ont croisé son chemin…

Nicolas Bonzom
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La statue de Manitas de Plata, à Montpellier.
La statue de Manitas de Plata, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Une statue en bronze de 2,75 m a été installée sur le parvis de la mairie
  • Le musicien a disparu en novembre 2014
  • Malade, ruiné, il a vécu ses derniers jours dans un petit appartement

Elle était très attendue, cette statue. Alors quand la sculpture en bronze de 2,75 m a été dévoilée, ce jeudi, il y avait de la joie, mais aussi de l’émotion, dans la foule qui était venue nombreuse pour saluer la mémoire de Manitas de Plata. Cet enfant, né à Sète dans une roulotte, devenu le plus grand musicien flamenco de tous les temps.

C’est l’atelier Jean-Loup Bouvier, reconnu pour ses interventions sur les monuments nationaux, qui a réalisé la statue, sur le parvis de la mairie de Montpellier.



« Avant d’être un artiste, c’était mon grand-père »

« C’est très émouvant… Ça me rappelle des tas de souvenirs ! », souligne Paco Baliardo de Plata, le petit-fils du génie guitariste, qui a monté, avec son oncle Fernando, sa formation Les Gipsys de Manitas de Plata. « Avant d’être un immense artiste, c’était mon grand-père. Certes, son métier lui prenait beaucoup de temps, mais il faisait son maximum pour être là, avec les siens, pour jouer de la musique avec nous tous. Je revois encore ces instants où il était à la maison et où tout le monde sortait sa guitare. »

L’incroyable destin de son aïeul, ses amitiés avec Brigitte Bardot, Dali, ou encore Picasso, Paco en a fait une chanson, Une guitare sonne sonne, qui va bientôt sortir. « Manitas nous a laissé sa musique en héritage », souligne-t-il. « Il avait un cœur immense. Il aimait ses amis, il aimait sa famille. Il aimait faire la fête… Et il aimait beaucoup les filles ! », confie Nino Baliardo, son neveu, qui s’apprête aussi, à la fin du mois de juin, à sortir un disque hommage, avec son groupe Gipsy Dynasty.



Dans la foule, beaucoup ont croisé sa route… « Il m’a appris à poser mes doigts sur une guitare », glisse un homme, qui garde le souvenir d’un musicien « de génie ». Quand la bâche tombe sur la statue de l’homme aux mains d’argent, son fils, Fernando Baliardo, retient ses larmes. « Je le suivais partout, tout le temps. C’était quelqu’un d’extrêmement généreux, avec tous ceux dont il croisait le chemin. Jusqu’au dernier instant, je lui ai tenu la main… » Avec cette statue, le musicien, disparu en 2014, devient éternel.