Législatives: Un cadre du FN, une ex-secrétaire d'Etat... Les enjeux dans les Pyrénées-Orientales

POLITIQUE Au total, 52 candidats sont sur la ligne de départ dans le département du Sud-Ouest, dont Ségolène Neuville pour le PS et Louis Aliot pour le FN...

Nicolas Bonzom

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Ségolène Neuville / Louis Aliot.
Ségolène Neuville / Louis Aliot. — Montage Chamussy / Sipa et H. Menal / 20 Minutes

Dans les Pyrénées-Orientales, les législatives promettent d’être disputées : 52 candidat(e) s sont sur la ligne de départ. Pour quatre sièges seulement à l’Assemblée nationale.20 Minutes fait le point sur les enjeux du scrutin…

A Perpignan, le socialiste sortant appelle à voter pour le candidat En Marche

Sur la première circonscription, Jacques Cresta (PS) n’a pas remis son mandat en jeu. Le 18 mai dernier, l’élu faisait part de son « amertume » de ne pas avoir été choisi par le clan Macron pour renouveler son quinquennat au Parlement. Fair-play, le conseiller régional précise qu’il souhaite tout de même une majorité « la plus large possible » au Président de la République, annonçant au passage qu’il soutient Romain Grau, Républicain juppéiste, premier adjoint de Perpignan, investi par En Marche.

 

A droite, Romain Grau affrontera Daniel Mach, le maire LR de Pollestres, dont il fut l’ancien suppléant en 2012, qui va tenter de reprendre un mandat qui était le sien entre 2002 et 2012. La gauche, elle, est morcelée. Le camp de la France insoumise a investi le maître-pâtissier Alain Mih, les communistes partent seuls avec Françoise Fiter, tandis que Jean Codognès, ex-député PS, se veut le candidat de la gauche rassemblée.

De son côté, le FN a investi sur la 1ère circonscription des Pyrénées-Orientales Alexandre Bolo. Conseiller municipal d’opposition et communautaire à Perpignan, il est aussi l’attaché parlementaire de Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen.

Louis Aliot se lance sur la 2ème circonscription

Le cadre national du FN porte ses espoirs sur la 2ème circonscription des Pyrénées-Orientales. Un territoire où le parti d’extrême droite a collectionné les records, lors du 1er tour de la présidentielle : 39,33 % à Saint-Laurent-de-la-Salanque (et 58,09 % au 2ème tour) ou encore 35,85 % à Saint-Paul-de-Fenouillet (et 55,17 % au 2ème tour).

Candidat en 2012 sur la 1ère circonscription, il n’était arrivé que 3ème des suffrages. S’il est élu député, Louis Aliot a annoncé qu’il quitterait son mandat de député européen.

Dans ce département où Marine Le Pen est arrivée en tête du 1er tour de la présidentielle (30,01 %), loin devant Jean-Luc Mélenchon (21,14 %) et Emmanuel Macron (18,46 %), le FN a de sérieuses chances d’emporter au moins un siège.

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Avec 14 candidats, la plus courue des circonscriptions des Pyrénées-Orientales devra aussi compter sur Fernand Siré, député LR sortant, qui remet son mandat en jeu. Il devra tirer son épingle du jeu aux côtés d’un centre morcelé, avec les candidatures de Michel Roig, un UDI historique qui part sans étiquette et la MoDem Christine Espert.

La gauche, elle, est encore une fois éparpillée dans cette circonscription de bord de mer. Le communiste Pascal Egido, la socialiste Marie-Pierre Sadourny et l’Insoumise Catherine David devront composer avec deux candidats écologistes, Dominique Labis et Bérengère Batailler ainsi que Liberto Plana, candidat de Lutte ouvrière.

La 3ème circonscription élira-t-elle une ancienne ministre ?

Ségolène Neuville portera les couleurs du PS dans la 3ème circonscription des Pyrénées-Orientales. Elue en 2012 à l’Assemblée nationale, elle avait cédé son siège à son suppléant Robert Olive quand François Hollande l’a appelée à devenir Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.

Le camp Macron ne l’a pas épargnée, en investissant la candidate Laurence Gayte sur son territoire. La France Insoumise a quant à elle investi Philippe Assens, qui composera avec deux autres candidates à gauche, Anna-Maria Urroz et Léa Tyteca pour le PCF.

A noter que la 3ème circonscription de ce territoire, qui se situe entre Perpignan et la montagne, est la plus féminine, avec deux hommes seulement face à dix femmes.

Le parti du catalanisme prendra-t-il dans la 4ème circonscription ?

Le parti Oui au pays catalan a investi quatre candidats dans les quatre circonscriptions des Pyrénées-Orientales. Cette structure, qui défend bec et ongles la culture catalane, a été particulière active depuis l’attribution de l’appellation « Occitanie » à la grande région.

Dans la 4ème circonscription, c’est l’un de ses chefs de file, Jordi Vera, qui est sur la ligne de départ. Le candidat s’est exprimé à plusieurs reprises pour un statut particulier pour le département, à l’image de la Corse, « dans le cadre de la République ». Pas vraiment une indépendance, mais une étape vers une certaine émancipation.

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Sur cette circonscription, qui comprend Elne ou Argelès-sur-Mer, le député PS sortant ne repart pas à l’assaut de l’Assemblée nationale. C’est Alexandre Reynal qui a récupéré l’investiture PS, tandis qu’En Marche fait confiance à Sébastien Cazenove. A gauche toujours, Dominique Guérin représentera les couleurs de la France insoumise, Nicolas Garcia celles du PCF, avec une autre candidate d’extrême gauche, celle d’Esther Silan.

A droite, Jacqueline Irles, maire LR de Villeneuve-de-la-Raho, tentera de récupérer le mandat qu’elle a occupé entre 2007 et 2012, avant de le perdre au profit du PS.