Montpellier: Flamants roses, renards, chauves-souris... L'étonnant bestiaire de l'aéroport

ANIMAUX L’association Hop ! Biodiversité a étudié la faune et la flore du site montpelliérain…

Nicolas Bonzom

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Les flamants roses sont nombreux près de l'aéroport de Montpellier.
Les flamants roses sont nombreux près de l'aéroport de Montpellier. — Roland Seitre

« Pour beaucoup, un aéroport, c’est une zone industrielle. On ne s’en rend pas toujours compte, mais un aéroport, cela ne s’arrête pas au parking ! », souligne Roland Seitre.

Avec son épouse Julia, tous les deux docteurs vétérinaires, ils sont à la tête de Hop ! Biodiversité, une association qui s’évertue depuis deux ans à répertorier la faune et la flore étonnamment foisonnantes des sites aéroportuaires en France. Et à Montpellier, où quelque 238 hectares sur 480 sont composés de prairies et d’espaces verts, c’est un impressionnant bestiaire qui voit chaque jour décoller les avions…

Des faucons, des flamants roses… et des renards

Sur 12 aéroports passés au peigne fin, 176 espèces d’oiseaux différentes ont été recensées… dont 63 à Montpellier, le record en matière de volatiles. « Ce n’est pas vraiment une surprise, au vu de sa situation géographique », confie Julia Seitre.

Un butor étoilé observé sur l'aéroport de Montpellier.
Un butor étoilé observé sur l'aéroport de Montpellier. - Hop ! Biodiversité

Faucons crécerelles, buses, flamants roses, chouettes ou encore butors étoilés ont notamment leurs petites habitudes, à deux pas du tarmac de l’aéroport de Montpellier. Ils se partagent le territoire avec cinq espèces de chauves-souris, des blaireaux, d’innombrables rongeurs… et des renards. Les équipes de Roland et Julia Seitre ont découvert un terrier sur le site de l’infrastructure, où vit l’un d’eux.

Le danger des gros oiseaux

« Nous défendons avec force la présence du renard sur les aéroports, souligne Roland Seitre. En assurant la prédation de certains rongeurs et des insectes, ils entrent en compétition sur le terrain avec les rapaces, qui peuvent présenter un problème. »

En effet, certains gros oiseaux peuvent poser quelques soucis en survolant le tarmac. Comme le 14 mars dernier, où un flamant rose a percuté de plein fouet la carlingue d’un avion, qui amorçait son atterrissage sur l’aéroport de Montpellier.

« Le but, c’est d’effaroucher les oiseaux »

« Chaque collision impose une vérification de la structure », note Roland Seitre. Si ce type d’accident est rare, les services de l’aéroport multiplient les précautions pour les éviter : toute la journée, des engins pyrotechniques sont notamment tirés, et des dispositifs acoustiques et optiques sont utilisés. « Le but, c’est d’effaroucher les oiseaux », souligne Fabrice Bousquet, le responsable de la sécurité de l’infrastructure montpelliéraine, qui a sous son aile un service entièrement dédié au risque animalier.

Une orchidée, sur le site de l'aéroport de Montpellier.
Une orchidée, sur le site de l'aéroport de Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Et si de nombreux petits êtres vivent à l’aéroport, le site abrite également une impressionnante flore, recensée par Hop ! Biodiversité : hormis ses champs de coquelicots, l’infrastructure cache notamment 12 espèces différentes d’orchidées. Pas une réserve naturelle, mais presque. « Cette vision selon laquelle un aéroport peut jouer un rôle en termes de biodiversité est unique au monde », se félicite Roland Seitre.