Top 14: Charles Géli balance sur les Sud-Africains après l’élimination de Montpellier

RUGBY Le passage de Jake White à Montpellier s’est soldé par un échec avec une troisième élimination avant même la finale du Top 14. La gestion du groupe par le Sud-Africain a été violemment attaqué par le talonneur Charles Géli…

Jérôme Diesnis

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Jake White quitte Montpellier sur un bilan quasiment vierge.
Jake White quitte Montpellier sur un bilan quasiment vierge. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Après la défaite de Montpellier contre le Racing (13-22) en barrages du Top 14, Jake White a quitté l’équipe sur un bilan vierge de titre, excepté la petite coupe européenne
  • Dans une interview à «Midi Olympique», le talonneur Charles Géli, entré en jeu contre le Racing, s’est prend violemment à l’entraîneur, à l’encadrement et aux joueurs sud-africains

Il est arrivé auréolé d’un titre de champion du monde avec les Springboks en 2007. Et c’est cette ligne sur son CV qui avait incité Mohed Altrad à le faire venir au chevet du MHR. Après trois saisons, Jake White a quitté la scène française sur une élimination peu glorieuse en barrages samedi face au Racing 92 (13-22), un an après une défaite en demi-finale contre Toulon.

Un divorce entre l’ex-sélectionneur des Springboks et le rugby français

Trois saisons blanches et la tenace impression que le Sud-Africain n’a finalement jamais vraiment compris le rugby français. Par le choix des hommes, et la venue de très nombreux compatriotes qui ont vite fait passer Montpellier pour un club de mercenaires, White s’est attiré l’inimitié d’une bonne partie des supporters du rugby hexagonal.

A l’intérieur du groupe, les langues se sont déliées à l’issue de la défaite. « Ça ne parlait pas un mot de Français, les vidéos se faisaient en anglais… Et les coachs nous répétaient de manière hautaine qu’en France on était mauvais, qu’on ne savait rien faire et qu’ils allaient tout nous expliquer, s’emporte Charles Géli, en grande difficulté samedi, dans les colonnes de Midi Olympique.

« J’ai regressé en rugby et progressé en anglais »

« 70 % du groupe ne parle pas ma langue et les mecs qui sont là depuis deux ans, esquissent à peine deux mots de français, reprend-il. J’aurais dû aller jouer à l’étranger, comme ça, j’aurais su pourquoi c’était à moi de m’adapter ! C’est la première fois dans ma carrière qu’en l’espace de deux ans, j’ai autant régressé en rugby et progressé en anglais. »

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Jake White était aussi contesté pour son jeu, que le président Mohed Altrad a lui-même qualifié de « restrictif ». Il laissera l’image d’un entraîneur uniquement tourné vers le résultat, à défaut de vouloir plaire. Il n’a obtenu ni l’un ni l’autre. « C’est un échec, reconnaît-il humblement. Quand vous commencez une compétition, que vous voulez la gagner et que vous n’y arrivez pas, c’est un échec. Mais je n’ai pas de regrets. Quand tu es coach, tu dois prendre des décisions. Les décisions que j’ai prises c’était pour rendre Montpellier meilleur. »

Maigre bilan

Que restera-t-il de l’héritage Jake White au MHR ? La victoire dans la petite coupe européenne, sans grand intérêt sportif, sans la présence des six ou sept meilleurs clubs anglais et français et des principales provinces irlandaises. Et de jeunes joueurs français qui ont globalement progressé. « Il a apporté son expérience et des rugbymen de grandes qualités », positive le jeune troisième ligne Kélian Galletier. Mais le bilan est maigre.

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Son successeur, Vern Cotter, pourra s’appuyer sur un effectif de haut niveau et toujours plus impressionnant sur le papier. L’ouvreur néo-zélandais Aaron Cruden, les troisièmes lignes Yacouba Camara et Julien Bardy et deux autres Sud-Africains, le centre Jan Serfontein et le demi de mêlée Ruan Pienaar rejoignent Montpellier. En attendant le possible retour de Louis Picamoles.

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La greffe, cette fois, prendra-t-elle ? L’ex-entraîneur de Clermont (2006-2014) connaît, lui, parfaitement le Top 14 et voudra éviter les erreurs de son prédécesseur : trop tirer sur les mêmes joueurs, épuisés en phase finale, et changer la préparation physique pour éviter la cascade de forfaits qui ont laissé la moitié des titulaires sur le flanc face au Racing, samedi. « On a dû bricoler une équipe », souffle le capitaine Fulgence Ouedraogo. Une fois encore, Montpellier a échoué dans sa quête de bouclier…