Semaine nationale du Refuge: «La parole se libère», confie Nicolas Noguier, son fondateur

SOCIETE L'association, qui vient en aide aux jeunes LGBT rejetés par leurs familles, lance une série de conférences et d'événements dans toute la France...

Nicolas Bonzom
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Nicolas Noguier, président fondateur du Refuge, pose le 16 août 2013 dans un appartement mis à disposition de jeunes homosexuels en détresse par l'association à Montpellier
Nicolas Noguier, président fondateur du Refuge, pose le 16 août 2013 dans un appartement mis à disposition de jeunes homosexuels en détresse par l'association à Montpellier — SYLVAIN THOMAS AFP

Jusqu’au 21 mai, c’est la semaine nationale du Refuge. Fondée en 2003 à Montpellier, l’association vient en aide aux jeunes victimes d’homophobie, qui sont encore nombreux à être rejetés par leurs familles, en leur proposant une simple écoute ou un hébergement temporaire. Depuis 14 ans, le Refuge a offert un toit à 1.129 bénéficiaires. Nicolas Noguier, son président et fondateur, se confie à 20 Minutes.

Les appels à l’aide sont-ils toujours aussi nombreux ces derniers mois ?

Rien que sur le 1er trimestre 2017, nous constatons 30 % d’appels en plus sur notre ligne d’écoute [Ligne gratuite 24 h/24 et 7 j/7 au 06.31.59.69.50], par rapport à l’an dernier, à la même époque. Ces derniers mois, nous avons notamment mis l’accent sur le rural en organisant des conférences dans les villages. Et nous remarquons, alors que nous avions jusqu’ici essentiellement des citadins, que de plus en plus de jeunes qui vivent dans les campagnes sollicitent l’aide du Refuge. Une augmentation de 30 %, c’est très effrayant. Mais cela montre sans doute aussi que la parole se libère.

Les jeunes qui viennent au Refuge ont-ils un profil en particulier ?

Les jeunes viennent de tous les milieux sociaux… Nous avons des jeunes issus de milieux défavorisés, et d’autres de milieux plutôt aisés, qui se retrouvent à la rue du jour au lendemain. Beaucoup en revanche sont issus en revanche de familles où la religion est très présente, et où l’homosexualité est encore malheureusement mal acceptée.

De combien d’antennes dispose le Refuge aujourd’hui ?

Nous en avons 18 au total, aujourd’hui. Nous avons inauguré les antennes du Havre et de la Guyane. Mais il n’y a pas d’autres ouvertures prévues pour l’instant pour le Refuge. Consolider le réseau actuel, c’est déjà un travail énorme.

Le programme de la semaine

Mardi (18 h), le Refuge propose une conférence sur le harcèlement homophobe à l’école, suivi d’un spectacle des bénéficiaires, à la maison de l’hospitalisation privée à Castelnau-le-Lez. Mercredi et jeudi (15 h à 19 h), le Refuge (rue Germain à Montpellier) propose deux journées portes ouvertes pour tous. Le programme des conférences et des animations dans toute la France : www.le-refuge.org