VIDÉO. Montpellier: Avec la démolition du bâtiment D, la rénovation du Petit-Bard s’achève

URBANISME L’opération de réhabilitation du quartier avait été lancée il y a plus de dix ans…

Nicolas Bonzom
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Des habitants assistent à la démolition du bâtiment D au Petit-Bard.
Des habitants assistent à la démolition du bâtiment D au Petit-Bard. — N. Bonzom / Maxele Presse

« Ça fait tout drôle », lâche une habitante, qui regarde « 20 ans de sa vie » s’écraser avec les débris du bâtiment D. « On a des tas de souvenirs ici », reprend un autre.

Ils étaient plusieurs dizaines, ce lundi, au Petit-Bard, à assister au premier coup de pelle mécanique qui va s’atteler ces prochaines semaines à démolir cet immeuble, symbole de la vétusté héritée des années 1960 des vieilles constructions de ce quartier.

« On avait des rats, pas de garage, pas de balcon »

Le bâtiment laissera place à la création d’une rue, qui desservira notamment un nouveau programme de logements et un nouveau square. Et si l’objectif de l’opération est bien d’achever la rénovation du Petit-Bard, dans le cadre du programme de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), les habitants étaient quelque peu mélancoliques.

« C’est un mélange de soulagement et de tristesse, témoigne Adam, un retraité du quartier qui a vécu 20 ans dans cet immeuble. On est triste de voir ce bâtiment partir, on y a plein de souvenirs, le soleil rentrait dans les appartements de tous les côtés… En même temps, il fallait que ça change. On avait des rats, pas de garage, pas de balcon. »

Des habitants assistent à la démolition du bâtiment D au Petit-Bard.
Des habitants assistent à la démolition du bâtiment D au Petit-Bard. - N. Bonzom / Maxele Presse

La rénovation du quartier terminée à « 80 % »

Lahen, lui, habite depuis 17 ans juste à côté du bloc D. Son bâtiment ne sera pas détruit, mais cela ne l’empêche pas d’être un peu ému, face au bruit des gravats. « On a passé des bons moments ici, mes enfants sont nés ici, ils ont grandi ici, confie le Montpelliérain. Mais le quartier change de visage, et c’est une bonne chose, bien sûr. Nous étions trop serrés. On aura peut-être des espaces verts, pour souffler un peu. »

Avec la destruction du bâtiment D, c’est le plan Anru (Agence nationale de la rénovation urbaine) qui s’achève. Une opération lancée par la ville il y a plus de dix ans, alors que la copropriété avait été abandonnée par les bailleurs privés, laissant le quartier sombrer dans la vétusté. « Nous sommes à 80 % de l’objectif, note Max Lévita (divers gauche), premier adjoint au maire et président de la Serm, la société d’aménagement de la ville. Nous entamons la dernière tranche. Mais il reste encore du travail à accomplir. »

« On va finir le plan Anru »

De l’autre côté du bâtiment D, il ne reste qu’à convaincre deux familles pour que les destructions s’achèvent. « Une troisième est en train de déménager », explique Max Lévita. « Nous pouvons démolir ici sans que cela perturbe les familles qui vivent encore derrière, souligne Philippe Saurel (divers gauche), maire de Montpellier. Peu à peu, le Petit-Bard prend son allure définitive. »


L’opération a permis la démolition de 293 logements vétustes, la réhabilitation de 390 logements et de 50 % des surfaces commerciales, la livraison de 217 logements neufs et le relogement de 597 familles, parfois dans la douleur.

Adam, par exemple, n’est pas encore tout à fait satisfait de son nouvel appartement, au Petit-Bard. « L’ascenseur tombe régulièrement en panne, il y a des problèmes d’interphone, on a eu de l’eau dans la résidence, et les garages, on n’y a pas encore accès », s’inquiète-t-il. Mais il a voulu « rester ici ». « On a des amis ici, les voisins, les enfants, les commerces, tout ça. » « Notre vie, elle est ici », sourit un voisin.