VIDÉO. Montpellier: Smoove, l'entreprise qui a remporté le marché des Vélib à Paris

TRANSPORTS JCDecaux et le syndicat Autolib Vélib Métropole ont confirmé la victoire de la start-up héraultaise dans l’appel d’offres sur la gestion du parc de vélos en libre-service…

Nicolas Bonzom

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Un VéloMagg, créé par Smoove, à Montpellier.
Un VéloMagg, créé par Smoove, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Si la décision reste encore à entériner officiellement, cela ne fait presque plus aucun doute : c’est une entreprise montpelliéraine qui devrait rafler le gigantesque marché des Vélib parisiens, au nez et à la barbe de JCDecaux, qui en connaît pourtant un rayon, puisque le géant de l’affichage détient le marché depuis sa mise en place, en 2007.

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Une annonce confirmée par le syndicat Autolib Vélib Métropole. JCDecaux avait déjà annoncé, dans un communiqué, avoir été écarté, s’étonnant au passage de la décision.

Une start-up familiale

Mais qui est Smoove, cette start-up montpelliéraine qui devra satisfaire plus de 300.000 abonnés à partir du mois de janvier 2018 ? Si, pour l’instant, la petite entreprise refuse de communiquer sur le marché des Vélib, car « la procédure est toujours en cours », son histoire, celle d’une spectaculaire ascension, vaut le détour. L’aventure Smoove débute en 2008, quand trois frères, passionnés de vélo, font le pari de « joindre leurs compétences » pour proposer une offre alternative aux Vélib parisiens.

Très vite, la start-up familiale, dont le siège est basé à Saint-Gély-du-Fesc, commune héraultaise de 8.000 habitants, remporte ses premiers marchés. A Montpellier, où elle fait apparaître dans le paysage les VéloMagg oranges, voulus par Georges Frêche, président de l’agglomération. A Clermont-Ferrand, où les C.Vélo sont rouges, Strasbourg, où les Vélhop sont verts, à Saint-Étienne, Avignon, Nice ou Grenoble.

Présent dans 26 villes dans le monde

A l’étranger aussi : Smoove exporte ses vélos en libre-service à Vancouver au Canada, à Helsinki en Finlande, à Marrakech au Maroc, à Moscou en Russie, à Melaka en Malaisie, à Astana au Kazakhstan, à Chicago aux États-Unis, en Grèce, en Géorgie ou à Chypre.

Au total, l’entreprise a conquis une flotte de 8.800 vélos en libre-service et 13.000 vélos de location longue durée répartis dans 715 stations, dans 26 villes, en moins de dix ans. On est loin des 52.000 vélos installés dans environ 70 villes, en quatorze ans, par JCDecaux, mais l’outsider semble grignoter petit à petit des parts de marché au géant.

Une « Smoove Box » qui fait la différence

« Je suis convaincu que le vélo libre-service est un booster de la pratique cyclable urbaine et c’est ce qui me passionne », note Laurent Mercat, l’actuel PDG de la société, qui a réalisé 4,428 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015. « Un moyen de réduire la pollution dans les villes », reprend son frère Denis, directeur de l’innovation.

Et l’innovation, c’est sans doute la force de la start-up. C’est notamment sa « Smoove Box » qui a séduit bon nombre d’agglomérations : un boîtier électronique, placé dans la potence du vélo, autonome en énergie, qui permet « un accès direct et rapide, sans clé, ni totem », qui lit les cartes d’abonnés et les codes secrets des usagers occasionnels.

« Involable »

Côté vandalisme, Smoove met également le paquet. Ses vélos sont réputés quasiment « involables », grâce à un système de verrou intégré dans la fourche du vélo. « C’est quasiment impossible à voler, on ne peut pas l’enlever, même avec un pied-de-biche ou une tronçonneuse », confiait Laurent Mercat au Journal du dimanche, en janvier.

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Autre nouveauté de taille : ce mois-ci, Smoove appliquera sa technologie « overflow » à Helsinki. Une innovation permet de répondre à l’une des réticences principales des utilisateurs : ne pas trouver de place instantanément pour se garer. Le dispositif permettra de rendre son vélo même quand la station est pleine : les usagers n’auront plus à pédaler jusqu’à la prochaine station, mais pourront l’attacher au vélo d’à-côté. La nouveauté sera progressivement mise en place dans les villes où Smoove est implanté.

Mais c’est sur sa capacité à gérer les Vélib, l’un des marchés de vélo en libre-service les plus importants du monde avec 315 salariés, que Smoove, qui emploie aujourd’hui 38 personnes, devra rassurer : dans son communiqué, JCDecaux s’inquiète notamment sur la reprise des personnels, évoquant « de nouvelles équipes inexpérimentées, moins nombreuses », et des « conditions sociales et salariales dégradées ».