Prostituées tatouées et prestations minutées: Un réseau de proxénétisme ultra violent démantelé

PROSTITUTION Outre les violences et les intimidations, les prostituées, toutes roumaines, étaient tatouées en signe d’appartenance au réseau…

Caroline Politi

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Prostitution - Illustration
Prostitution - Illustration — VALERY HACHE / AFP

L’enquête a duré dix mois. Dix mois pour faire tomber un réseau roumain de prostitution aux méthodes excessivement violentes qui sévissait dans le sud de la France. Outre les violences et les intimidations, les victimes étaient tatouées en signe d’appartenance au réseau et devaient se soumettre à un nombre toujours plus grand de relations sexuelles sans rien toucher. Les investigations menées par l’OCRET, l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains et le SRPJ de Montpellier ont permis dimanche et lundi l’interpellation de dix hommes, dont deux en Roumanie. Tous ont été écroués.

« On est face un système de traite pure »

Au total, une trentaine de jeunes femmes ont étécontraintes de se prostituer le long de la route nationale entre Nîmes et Narbonne. A la tête de ce réseau, deux frères, âgés d’une trentaine d’années. « Ils allaient chercher les jeunes femmes en Roumanie puis les “confiaient” à d’autres proxénètes locaux », décrit Jean-Marc Droguet, directeur de l’Ocret. Chaque jour, elles devaient ramener entre 200 et 600 euros. « Les proxénètes leur mettaient une pression maximum en minutant les prestations », précise le commissaire. Autre particularité du dossier : toutes les victimes étaient tatouées à leur arrivée, signe de leur appartenance au réseau. « On est face un système de traite pure. Elles étaient tatouées comme du bétail. »

Le réseau s’est implanté au mois de mai dernier sur cet axe routier, haut lieu de la prostitution, après le démantèlement d’un autre réseau, bulgaro-roumain. Les proxénètes ont profité du vide laissé par ces interpellations. Par ailleurs, les jeunes femmes qui voulaient travailler sur le secteur devaient verser une partie de leur revenu au réseau.