Montpellier: La justice ordonne le départ des squatteurs du Royal «sous 48 heures»

JUSTICE L’ancien cinéma du centre-ville était occupé depuis le mois de juin illégalement et accueillait de nombreux événements culturels alternatifs…

Nicolas Bonzom

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L'une des salles du Royal occupé.
L'une des salles du Royal occupé. — N. Bonzom / Maxele Presse

Les squatteurs du « Royal occupé » vont devoir quitter les lieux qu’ils occupent illégalement depuis neuf mois. Ce jeudi matin, la cour d’appel a ordonné le départ des occupants de l’ancien cinéma du centre-ville de Montpellier « sous 48 heures ».

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L’ancien cinéma de la rue Boussairolles, qui a fermé en 2014, avait été investi par un collectif « de travailleurs pauvres, d’étudiants et de précaires » en juin, empêchant les propriétaires de vendre la bâtisse pour y construire des logements, près de la Comédie.

Le hall du Royal occupé.
Le hall du Royal occupé. - N. Bonzom / Maxele Presse

Les 48 heures de préavis ne démarreront que lorsque les squatteurs recevront l’avis d’expulsion de l’huissier. Ce ne devrait être qu’une question d’heures. « Objectivement, c’est une très bonne décision, souligne Me Philippe Maria, avocat des propriétaires des locaux, joint par 20 Minutes. On parlait de « droit au logement ». Mais on se rend compte qu’une exploitation commerciale a été mise en place, dans l’insécurité la plus totale. Cela n’a plus rien à voir avec du droit au logement. »

Il pourrait éventuellement y avoir un pourvoi en cassation de la part des squatteurs. Mais l’arrêt reste exécutoire et le départ des occupants du cinéma devra être effectif.

« 20 précaires » dorment ici

Le Royal occupé est depuis neuf mois un squat pas comme les autres, ouvert au public, où ont lieu depuis des mois des spectacles de danse ou de théâtre, des concerts ou des conférences, gratuits à chaque fois. Jusqu’ici, il avait évité l’expulsion : le 9 août, le juge des référés avait estimé que le droit au logement prévalait sur le droit à la propriété.

En février dernier, le collectif indiquait que « 20 précaires » habitaient au Royal. Et que si jamais l’expulsion était prononcée, ils se retrouveraient « à la rue ». Un drame avait cependant rompu avec l’enthousiasme qui régnait au sein du squat : un viol a eu lieu, lors d’un événement public. Le lieu a été fermé au public pendant deux semaines, puis a rouvert, avec le consentement de la victime et de sa famille, assuraient les squatteurs.

Sollicitée par 20 Minutes, Me Florence Rosé, l’avocate de l’un des squatteurs, qui a porté le dossier, n’a pas encore réagi. Pas de réaction officielle non plus du côté du collectif de l'ancien Royal, qui a cependant publié, sur sa page Facebook, plusieurs messages, invitant les sympathisants de leur cause à une assemblée générale ce vendredi (16 h) pour évoquer notamment le programme « des semaines à venir » ou les « barricades »... Pas sûr que les squatteurs de l’ex-Royal ne se rendent aussi facilement.